HAITI ET LE
MONDE A LA CROISEE DES CHEMINS (44) : LE MONDE, GUERRE EN UKRAINE ET LA
CONTRE OFFENSIVE RUSSE ; GUERRE ISRAELO-HAMAS ; HAITI : LE REGNE
DES BANDITS.
JEAN-ROBERT
JEAN-NOEL
4 MARS 2024
Dans la 43e chronique[1],
consacrée à l’année 2023 et aux 2 premiers mois de l’année 2024, on a analysé
la situation sur le plan international, en nous appuyant, entre autres, sur la
guerre en Ukraine, sur la guerre Israélo-Hamas et sur la saga Trump. Ce sont
les 3 faits qui ont dominé l’actualité mondiale et qui continuent à date de la dominer, même si d’autres faits qui se passent en Afrique
devraient nous préoccuper, surtout en ce qui a trait au nombre de morts
enregistrés dans certains pays comme le Congo par exemple. Comme c’est un pays
noir, la mort d’un noir n’est pas aussi importante que celle d’un blanc. Cette assertion
est aussi valable pour Haïti où des milliers d’Haïtiens subissent toutes sortes
de calamités sans une attention de la presse internationale.
Sur le plan national, après la tentative de Guy Philippe, en janvier et février 2024, en particulier le 7 février, de faire « sa révolution », qui a eu l’adhésion d’une grande partie de la population et même de certains leaders politiques, le PM Ariel Henry avait tenu bon en durcissant son régime, avait repris la main et s’est même permis un certain nombre de voyages à l’étranger. D’ailleurs, les événements de ces derniers jours lancés par les bandits l’ont surpris en dehors du pays, en particulier au Kenya. Il faut noter qu’il est soutenu fermement par l’ensemble de la communauté internationale (tout au moins jusqu'à date, faute d’alternatives sérieuses, tenant compte des intérêts haïtiens et de la communauté internationale occidentale (CIO).
Et, face à cet appui inconditionnel de la CIO, les bandits ont profité de l’annonce
des élections fixées, de concert avec le PM Henry, par la CARICOM pour le 31 août
2025 et la remise du pouvoir par le PM, le 7 février 2026, aux élus issus de
ces élections, et surtout de l’absence au pays du PM, pour lancer l’opération «
Vivre Ensemble », dont le 1er objectif est le renversement du
régime actuel. C’est dans ce contexte que j’ai titré la 44e
chronique : « HAITI ET LE MONDE A LA CROISEE DES CHEMINS (44) :
LE MONDE, GUERRE EN UKRAINE ET LA CONTRE OFFENSIVE RUSSE ; GUERRE
ISRAELO-HAMAS ; HAITI : LE REGNE DES BANDITS ».
Comme le titre l’indique, cette 44e chronique sur cette interrogation Haïti et le Monde à la croisée des chemins (?) se déroulera, l’introduction mise à part, sur la guerre Russo-Ukrainienne et la contre-offensive russe sur le terrain, la guerre Israélo-Hamas et le dernier développement à date, et sur la saga Trump et ses derniers démêlés avec la justice américaine, s’attardera sur la situation haïtienne qui évolue, selon moi, dans le mauvais sens avec la mainmise des bandits sur ce qui reste de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et débouchera sur des conclusions et perspectives appropriées.
I.
LA SITUATION AU NIVEAU MONDIALE
Comme pour la 43e chronique, les points forts de l’actualité mondiale demeurent (i) la guerre en Ukraine, (ii) la guerre israélo-Hamas et (iii) la saga Trump aux USA. On aurait pu parler du sommet organisé par E. Macron sur la guerre en Ukraine et aussi sur le sommet du G20 au Brésil où le « Dossier Haïti » a été au centre des débats. On préfère les intégrer comme éléments d’explication dans les dossiers ukrainien et haïtien traités plus bas dans cet article.
1.1.
Guerre en Ukraine et contre-offensive russe
Après l’échec de la contre-offensive ukrainienne de l'été dernier, la Russie ne se contente plus de défendre. Elle passe à son tour à l’offensive dans le Donbass. Comme à Bakhmuth, elle a mis le parquet sur la ville d’Avdiivka. Elle a certes perdu beaucoup de soldats (17,000 morts). Au bout du compte, avec le poids du nombre, elle a fini par repousser les Ukrainiens. Ces derniers ont mis trop de temps à amorcer leur repli, ce qui leur a couté beaucoup d’hommes aguerris et un coup au moral. Et la Russie en profite pour poursuivre son offensive en vue d’atteindre la rive gauche de la rivière Nippo avec des moyens au sol et aériens dont ne dispose pas l’Ukraine. Cette dernière a dû se rabattre sur des missiles pour détruire certains avions et dépôts de munitions pour forcer les Russes à calmer leur ardeur. En attendant, la Russie a continué sans les moyens aériens, et l’Ukraine, malgré son manque en hommes et en munitions, se défend tant bien que mal.
Zelensky, le président ukrainien, a entrepris une tournée dans plusieurs pays
pour solliciter de l’aide. C’est dans ce contexte que le président Emmanuel
Macron a convoqué un sommet de certains pays d’Europe en France sur le dossier
Ukrainien. Il a fait une déclaration à la fin de ce sommet qui a choqué tout le
monde, y inclus ses alliés, à savoir, pour empêcher la Russie de gagner, il
serait prêt à lancer des troupes au sol en Ukraine en dernier ressort. Tous les
participants à ce sommet ont fait des déclarations contraires. A ce qu’il
parait, c’est quelque chose qui a été discuté en coulisse mais qui ne devait
pas être rendu public. Toujours est-il que la Russie n’a pas hésité à menacer l’occident
en leur faisant comprendre qu’il dispose des moyens de frapper n’importe où. Vladimir
Poutine a donc brandi la menace nucléaire comme toujours en de pareils cas.
Malgré tout, l’Ukraine va avoir des armes, des munitions et de l’argent pour continuer à se défendre face à l’agresseur. Un accord bilatéral a été signé avec la France à ce sujet et aussi l’accord prévoit de la coopération à plus grande échelle. Et Macron effectuera une visite en Ukraine au printemps prochain. Les relations franco-Ukrainiennes se sont réchauffées. Le manque de munitions de l’Ukraine s’explique aussi, selon Xavier Tytelman, par toute une stratégie de nuisance mise en place par la Russie, en favorisant l’allumage de feu à proximité de presque tous les fournisseurs d'armes de l’Ukraine, incident entre le Pakistan (fournisseur de l’Ukraine) et l’Iran ; la Corée du Nord, son allié, se met à envoyer des missiles à proximité de la Corée du Sud et du Japan, tous les deux fournisseurs de l’Ukraine, qui ont dû conserver leurs armes et munitions pour faire face à la menace de la Corée du Nord. Il en est de même pour Israël (fournisseur de l’Ukraine), qui est occupé avec sa guerre avec le Hamas équipé par l’Iran, allié de Poutine. Pour ne citer que ces exemples.
1.2.
La guerre Israélo-Hamas et ses dizaines de milliers de morts
Cette guerre a beaucoup nui à l’Ukraine. Son principal fournisseur en tout, les USA, a dû donner la première place au conflit Israélo-Hamas, politique intérieur oblige, en pleine année électorale. Le Parlement américain, sous l’instigation de Donald Trump, fait des misères à Joe Biden pour voter les 61 Mrds d’USD promis à l’Ukraine. Comme Israël veut en finir avec le HAMAS, il a détruit plus de 50% de la bande et de Gaza et tuer environ 30,000 civiles palestiniens, selon le Hamas et repris par le journal français Libération. Cette opération dans la Bande de Gaza fait percevoir Israël comme un pays génocidaire vis-à vis des Palestiniens.
Les communautés arabes et palestiniennes qui vivent aux USA
reprochent à Joe Biden son appui inconditionnel à Israël. Ce qui pourrait nuire
à sa réélection en novembre 2024. Certes il a gagné haut la main les primaires
du Michigan, mais l’abstention du vote arabe a été plutôt élevée. Dans le cas
de la présidentielle américaine, une telle abstention pourrait lui couter très
cher. C’est pourquoi, il pousse Israël a un cessez-le-feu à l’approche du Ramadan,
mais Netannyahou, le premier ministre israélien, n’y est pas du tout favorable.
Tout cela fait l’affaire de Trump.
A noter que Trump aurait appuyé encore plus les Israéliens. C’est l’administration
de Trump qui a reconnu Jérusalem comme la Capitale d’Israël. Mais, comme ce n’est
pas lui qui dirige, il garde le profil bas dans ce dossier, profite des
retombées anti Biden y relatives, et se concentre sur ses primaires pour l’investiture
républicaine (Super Tuesday) et ses démêlés judiciaires.
1.3.
La saga Trump aux USA et ses démêlés
judiciaires
Plus Trump se débat dans ses multiples démêlés, plus il est populaire. Il
est en train de gagner haut la main l’investiture républicaine. Dans les
sondages, il renverse la tendance par rapport à Joe Biden. De plus, il vient de
gagner son action en justice au niveau de la Cour Suprême par sa plainte
contre la Cour Suprême de Colorado qui l’aurait empêché, selon une
interprétation du 14e amendement de la Constitution Américaine par cette cour, de concourir dans cet état. Cette décision au niveau de l’Etat
du Colorado n’a pas fait tache d’huile comme on le craignait. Malgré tout, il y a d’autres affaires avec la justice américaine, dont la dernière en date, dans
l’Etat de New-York, l'oblige à payer des indemnités s’élevant à 454 M. d’USD
pour fraude fiscale. De plus il y a l’affaire de Georgia pour tentative de
fraude électorale et l’insurrection du 6 janvier 2021 au Capitol. Tout cela ne nous empêchera pas d’avoir un nouveau
duel Biden/Trump, avec des répercussions très sérieuses sur Haïti.
II.
LA SITUATION AU NIVEAU D’HAITI
Avant de parler de politique, rendons hommage à l’agronome Leger. Il faut
noter que l’AGR Leger, après avoir tout tenté et réussi dans le domaine du
développement agroindustriel pour montrer un autre visage de notre pays, a tiré
sa révérence à l’âge de 77 ans pour un repos éternel bien mérité, nous laissant
dans nos démêlés politiciens partisans sans réel souci de développement de
notre pays. Profitons de l’occasion pour souhaiter prompt rétablissement à Mgr
Dumas, Evêque des Nippes, après l’attentat chez lui, à Pétionville, qui a
failli lui coûter la vie et a laissé les traces indélébiles dans sa chair.
Maintenant attardons-nous sur Haïti. La situation haïtienne est très complexe.
Elle n’est pas facilement analysable. Il y beaucoup de rumeurs, beaucoup de
spéculations et beaucoup de théories qui ne collent pas. C’est pourquoi que
tout observateur sérieux doit prendre du recul avant de s’aventurer dans cet
imbroglio. On va essayer de démêler tout cela en trois points tels que déclinés
plus bas.
2.1.
Le contexte du mouvement de ce 29
février 24
Guy Philippe avait lancé un mouvement révolutionnaire depuis décembre 2023. Ce mouvement a séduit beaucoup de gens habitués aux méthodes de M. Philippe, qui armes à la main, avait forcé en 2004 le départ du président Aristide. Même s’il a utilisé le mot pacifique après le mot révolution, personne, cette fois-ci, ne croyait à un mouvement pacifique de sa part, d’autant que le BSAP, la force qui a défié les Dominicains sur la zone du Canal Massacre, s’est montré très favorable à l’idée de Guy Philippe. Le gouvernement a rapidement réagi en révoquant le directeur général des aires protégées et responsable du BSAP et en interdisant à cette force de porter les armes durant une certaine période.
L’ex-sénateur Guy Philippe, qui était rentré à Port-au-Prince pour
participer aux manifestations à l’approche du 7 février, a vu un contingent du
BSAP attaqué par la police nationale et 5 membres de cette force ont été tués.
Il a eu la vie sauve grâce à des stratégies pour sortir du piège tendu par le
pouvoir et certains membres de la communauté internationale, selon ses dires. Il
s’est replié sur sa ville natale de Pestel au niveau de la Grande-Anse et a
promis d’utiliser d’autres stratégies pour renverser le pouvoir et le système
actuels.
Entre temps, Moïse Jean-Charles et Claude Joseph, qui avaient participé au
mouvement pour renverser Ariel Henry, ont dû, eux-aussi, changer de stratégies.
M. Jean Charles en recommençant avec les manifestations et le Krazebrize,
tandis que Claude Joseph, entre temps inculpé dans le dossier d’assassinat de
Jovenel Moïse par le juge d’instruction, a pris les ondes de la radio pour se
défendre contre les accusations du juge. Léon Charles, ex-directeur général de
la police national également inculpé par le juge ainsi que Martine Moïse, la
femme du président assassiné, a dû démissionner de son poste de représentant d’Haïti
à l’OEA pour mieux se défendre des accusations du juge d’instruction.
L’actualité s’est emparée de ce dossier au détriment de tout le reste: (i) les gangs qui pillent, kidnappent, violent, et tuent , tout en se battant entre eux pour de nouveaux territoires au niveau de la zone métropolitaine; (ii) Ariel Henry qui voyage pour finaliser le dossier du déploiement de la Force Multinationale, portée de réunion en réunion par l'administration des USA, qui a profité du sommet du G20 au Brésil pour mettre ce dossier en avant et a obtenu la moitié des 600 M d’USD nécessaires pour ce déploiement et l’adhésion de 11 pays susceptibles de participer dont 2000 hommes en provenance du Bénin, Afrique noire francophone.
Alors qu’on croyait que la « révolution » était hors-jeu, le chef de gang bien connu, Jimmy Chérisier, plus connu sous le sobriquet BARBECUE, est apparu sur les réseaux sociaux pour annoncer une entente entre les gangs pour renverser Ariel Henry dans un premier temps, et changer le système par la suite.
2.2.
L’entente vs l’entente entre les
politiciens
En ce matin du 29 février 2024, personne ne s’attendait à ce mouvement des bandits. Personnellement, j’ai été surpris par cette annonce de « Barbecue » de ce mouvement de « vivre ensemble » dont il est le porte-parole. Vu les contentieux qui les séparent pour des questions de territoires et autres comme les tueries commises par les uns sur les autres. Pourtant le mouvement lancé au bas de Delmas allait embraser l’ensemble de la zone métropolitaine. Selon une coordination de type militaire, ils ont attaqué en plusieurs points, mettant en déroute la police nationale, s’emparant des sous-commissariats, tuant 5 policiers et blessant d’autres; ils ont pris le ministère de l’agriculture, la faculté d’agronomie; ils se sont emparés de l’OAVCT, détruisant les archives, la douane et assaillent l’Aéroport de Port-au-Prince, touchant un avion de ligne au sol, etc.
Cela étant, ils se sont arrangés pour intimider le Palais National à l’aide
de drones, survolant certains édifices publics et surveillant les déplacements
de la police nationale. Dans la nuit du 1er au 2 mars 2024, ils ont
attaqué les prisons de Croix-des-Bouquets et du Pénitencier National, libérant
la majorité des prisonniers (+ 4000) et aussi leurs acolytes condamnés pour des
crimes. Par ce geste ils se sont renforcés en nombre de criminels. Ils ont
attaqué la base de la Marine Haïtienne. Sont-ils en train de renverser le PM ou
de se renforcer pour quelque chose d’autre ? On est donc en présence de quelque
chose d’inconnu jusqu’ici en Haïti. Va-t-on vers la prise de pouvoir par les
bandits ?
En tout cas, ils donnent une bonne leçon à nos politiciens qui n’arrivent pas
jusqu’ici à s’entendre depuis l’assassinat du président Moïse. Les politiciens
au pouvoir ne veulent pas le lâcher et les politiciens en face veulent y
accéder à tout prix et même au détriment du pays et du peuple haïtien. Personne
au niveau politique ne s’intéresse au sort du pays et du peuple. Il suffit de
constater leur silence par rapport aux actes des bandits vis-à-vis du peuple haïtien
et ces derniers jours vis-à-vis du pays. C’est cette mésentente entre nos
politiciens qui a favorisé la montée en puissance des bandits au point de leur permettre
de frôler la prise directe du pouvoir. En réalité, ce sont les bandits qui
règnent et qui régulent la vie en Haïti depuis quelque temps, en particulier
ces derniers jours.
Le règne des bandits, conséquences immédiates et Ariel Henry ?
A cause des attaques sur l’Aéroport international, les avions n’atterrissent plus ni ne volent. Si le PM doit revenir au pays, du train où ça va, il ne pourra
pas atterrir à Port-au-Prince. Car les bandits règnent en maitre. Ils ont pris d’assaut le ministère de la
communication par peuple interposé. La
police nationale n’est pas en mesure de contre-attaquer, elle se contente de
protéger certains endroits encore sous son contrôle. Quant à l’Armée d’Haïti,
on n’en a pas entendu parler. Un peu quand même, on a signalé sa présence au
niveau de l’ancienne base de la MINUSTHA à l’Aéroport International.
En tout cas, ce qui se passe est assez triste. Et une bonne partie de la
population semble prendre fait et cause pour ces bandits qui, hier encore, la
torturent et qui ne libèrent pas encore les otages, les kidnappés en leur possession
et qui sont issus de cette population. Pourtant, ils ont libéré plus de 4000 criminels
dans les prisons de Port-au-Prince et de la Croix-des-bouquets C’est le chaos
total. Admettons que le PM A. Henry ne
revienne plus (deyò deyò nèt), que se passera-t-il? La force multinationale
viendra-elle toujours en Haïti, si oui, quand ? Le temps presse et Haïti s’enfonce
de plus en plus dans l’abime ? Où sont passés nos politiciens ? Sont-ils
en train de se concerter par visioconférence et pour faire quoi ?
Attendons voir !
III.
CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES
Plus ça change, plus c’est la même chose ou pire encore. Le monde se lance dans une frénésie guerrière. Le leader mondial, les USA, se déchire. La France avec Macron prend une posture de va-t-en-guerre. Vladimir Poutine menace l’occident et continue d’avancer en Ukraine malgré des pertes énormes en hommes et en matériels militaires. Il fait tourner à fond ses usines de matériels militaires. L’économie russe est désormais une économie de guerre.
L’occident, en particulier l’Europe, commence à se préparer en cas d’un éventuel retour au pouvoir de Trump, à s’affranchir, à terme, de la tutelle américaine, c’est du moins pour l’instant la position de la France. L’Allemagne se perd un peu, car son économie a payé les contrecoups de la guerre en Ukraine. Elle était trop dépendante de la Russie pour certains aspects stratégiques (Gaz et autres). Les pays baltes ont peur, car en première ligne en cas d’un éventuel conflit entre l’occident et la Russie.
La Chine, la 2e puissance économique mondiale, regarde très
sérieusement du coté de Taïwan. Les USA font des alliances en indopacifique en
cas d’un éventuel conflit avec la Chine et essaient d’intimider l’Iran qui, à
travers les Houthis du Yémen, le Hezbollah libanais, et d’autres groupes à sa
solde, crée des nuisances aux américains
qui appuient à fond les Israéliens, perturbe le jeu au Moyen Orient et aussi le
commerce international dans la Mer Rouge. En bref, le monde est au bord de l’explosion.
Haïti s’implose sous des influences internes et externes et s’enfonce de
plus en plus dans sa crise multiforme et multidimensionnelle, aggravée par son
statut de territoire de transit de toutes sortes de trafics. Les bandits, pour
ne pas dire des terroristes, contrôlent la zone métropolitaine de
Port-au-Prince. Le pouvoir est dans la rue à portée de main de n’importe qui,
en particulier des bandits.
La peur s’installe dans les familles. Tout le monde vit dans l’incertitude
la plus totale. La durée de vie de l’Haïtien
ne tient qu’à un fil. Aujourd’hui, il réagit avec fracas contre ses bourreaux
immédiats (BWAKALE), demain il l’applaudit (operasyon viv ansanm). Car il cherche une sortie, un petit trou de
souris pour sortir de cette galère, de cet imbroglio. Il s’enfonce, toutes les
branches, même les plus épineuses, sont bonnes à tenir pour sortir la tête de l’eau.
Sans quoi c’est la mort assurée.
Les bandits promettent de renverser Ariel et le système. L’international va
intervenir pour mettre le pays sur les rails démocratiques, en s’appuyant sur
nos congénères d’Afrique, caribéens et autres. Les bandits ont pris les
devants. Face à tout cela, que se passera-t-il ? Le règne des bandits ou
une autre 1915 ? Des deux côtés, le mal est infini ! Pauvre Haïti ?