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dimanche 31 décembre 2017

HAITI : BILAN 2017, PERSPECTIVE 2018 : D’UN BUDGET CHETIF AUX GRANDES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT, DES DEFIS PRESQU’INSURMONTABLES ?

HAITI : BILAN 2017, PERSPECTIVE 2018 : D’UN BUDGET CHETIF AUX GRANDES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT, DES DEFIS PRESQU’INSURMONTABLES ?
JEAN-ROBERT JEAN-NOEL
31 DECEMBRE 2017

C’est la fin de l’année 2017, c’est le moment des bilans. Tout le monde y va de son bilan. Pour le pouvoir en place, tout sera positif, la même chose pour le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Pour l’opposition, tout sera négatif. Pour nous autres, on essaie de rester objectif, de garder l’équilibre. Nous savons que c’est un bilan annuel. Ce n’est pas en un an que le pays allait se développer, surtout «  que l’année fiscale 2017 était mal partie à cause de la nature qui n'a pas été clémente dès les premiers jours du mois d'octobre. Les résultats positifs obtenus, particulièrement dans la campagne agricole de printemps 2016, ont été quasiment bousillés par le passage du cyclone Matthew dans au moins quatre des dix départements géographiques du pays (le Grand Sud). Cette catastrophe naturelle a considérablement décapitalisé les agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs pour ne citer que ceux-là. Si des actions adéquates ne sont pas menées en vue d'une recapitalisation appropriée, cette situation risque de mettre à mal la performance attendue de l'économie haïtienne en 2017[1] ». C’était la conclusion des comptes économiques de l’IHSI que nous avons adoptée pour notre « bilan 2016 et perspectives 2017[2] ». Les comptes économiques 2017 font état d’un taux de croissance du PIB de 1.2% par rapport à l’année 2016 dont le taux était de 1.5% presqu’égal au taux de croissance de la population (1.4%). Ce qui en principe traduirait une stagnation de la situation économique du pays pour ne pas dire une aggravation de la situation. Alors, quel bilan pour l’année 2017 et  quelles perspectives pour l’année 2018 ? Que peut-on espérer d’un budget aussi chétif de 144 Milliards et 200 millions de gourdes (2.3 Mrds d’USD), alors que nos voisins immédiats tablent sur des budgets de 7 Mrds d’USD (Jamaïque) et 15 Mrds d’USD (République Dominicaine)?

Avant d’essayer de trouver réponses à ces interrogations, passons en revue les faits saillants de l’année 2017 ainsi que ceux du mois de décembre 2017.  Les réponses se retrouveront dans l’analyse de la situation globale du pays eu égard à l’aspect socio-économique et à l’aspect sociopolitique pour déboucher sur des conclusions appropriées orientées vers le relèvement et le développement du pays en tenant compte de la départementalisation des actions sectorielles prévue dans le cadre de la caravane du changement et des défis plutôt insurmontables.

A.      Fait saillants de l’Année 2017 et du mois de Décembre 2017

Durant l’année 2017, Haïti, dont les indicateurs  sont au rouge par rapport aux autres pays de l’Amérique Latine et la Caraïbe (LAC), sauf en matière de sécurité globale où elle se place en première[3] position par rapport à ses voisins immédiats, Cuba, la République Dominicaine et la Jamaïque. Par rapport aux autres indicateurs un seul exemple  suffit pour une meilleure compréhension de la situation : le  faible  taux de croissance enregistré cette année de 1.2%.  Il ne saurait être autrement si on se réfère à la plupart des faits saillants de l’année 2017

En 2017, le pays est marqué par : (i) le passage de Matthew au début de l’exercice (octobre 2016) dont les dégâts sont estimés à 32% du PIB dans le PDNA de Janvier 2017, publié par le ministère de la planification et de la coopération externe (MPCE) ; (ii) les incertitudes politiques (contestations des résultats de la Présidentielle, l’accusation de blanchiment d’argent à l’encontre du Président élu) jusqu’à la prestation de serment du Président Moïse le 7 Février 2017, (iii) la mise en place plutôt laborieuse du gouvernement âprement négocié avec le Parlement pourtant allié de la nouvelle administration tout de suite après le carnaval national aux Cayes décidé « point barre »  par le Président ;  (iv) le lancement de la stratégie caravane du changement plutôt mal perçue à ses débuts mais mieux comprise eu égard aux résultats immédiats obtenus tant au niveau de la Vallée de l’Artibonite qu’au niveau de la Péninsule Sud;(v)  les manifestations de rue liées à la loi des finances 2017-2018 (Budget) qualifiée de « budget criminel » par l’opposition politique, utilisé comme prétexte pour exiger le départ du Président, et  qui se sont maintenues jusqu’en Novembre 2017 avec un certain ralentissement depuis la maladie du principal leader de l’opposition, Jean Charles Moïse ; (vi) la publication du rapport PETROCARIBE  sur la corruption indexant très majoritairement les anciens hauts responsables de l’ère Martelly et quelques entreprises dont une des entreprises de l’entrepreneur Jovenel Moïse devenu entre-temps Président de la République;( vii) la remobilisation de l’Armée d’Haïti le 18 novembre 2017 contestée par la majorité des partis de l’opposition;(viii) l’annonce de l’extension de la caravane du changement sur l’ensemble du pays à partir de 7 Février 2018 avec la possibilité de réaliser 4000 Km de route, des infrastructures scolaires, sanitaires, aéroportuaires, portuaires, agricoles et sociales (logements), etc, au cours du quinquennat et l’implication politique et financière d’une telle démarche par rapport au budget 2017-2018 et les budgets à venir.

De plus en Décembre 2017, il y a eu :
(i)                  La commémoration du 75e anniversaire de la consécration officielle d’Haïti à Notre Dame du Perpétuel Secours. Une fête grandiose qui a montré la ferveur de la foi catholique et la force de frappe de l’Eglise Catholique d’Haïti. Malheureusement, quelques semaines plus tard, un prêtre catholique de grande renommée, Joseph Simoly, trouvera la mort sous les balles assassines des bandits armés. Les bandits auraient été mis en prison.

(ii)                La visite du Président en Europe pour participer, à Paris, au sommet Planet One, rencontrer le Président Macron de la France et le Roi de Belgique, à Bruxelles,  où, une fois de plus, les déclarations du Président par rapport à la corruption au sein du Pouvoir Judiciaire (dénoncée auparavant par le Bâtonnier Me Stanley Gaston)  qui l’ « aurait forcé » à nommer des juges corrompus et la valise de la Première Dame par rapport à la petite bourse de la Reine de Belgique ont occulté l’essentiel c’est-à-dire les discussions entamées et les promesses obtenues Par M. Moïse lors de son passage en Europe et les fructueuses rencontres avec la diaspora haïtienne et les entrepreneurs étrangers. Le grand public par la presse interposée n’a retenu que les gaffes diplomatiques du couple présidentiel et la déclaration inopportune du Président. Quant au Pouvoir Judiciaire, il a pris très mal les propos du Président au point  de boycotter une invitation du Président au Palais National et d’exiger des excuses de la part de ce dernier.

(iii)               L’organisation de deux événements inédits, la rencontre des barreaux francophones en Haïti où il a été simulé un procès très intéressant pour un non initié comme moi aux affaires juridiques et la rencontre en Haïti des Parlementaires ACP (Afrique Caraïbe, Pacifique). Ces deux rencontres se sont très bien déroulées à la satisfaction des organisateurs haïtiens et de leurs invités étrangers. C’est assez positif pour notre pays de recevoir près de 1000 invités étrangers sans incidents majeurs, en dépit de l’état lamentable de la Capitale.

(iv)              Les activités festives de fin d’année avec le retour au pays de la plupart des orchestres de la diaspora  et du grand chanteur français, Charles Aznavour, si petit par la taille. Les orchestres performeront tant au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince qu’au niveau des villes de province. Ce qui dénote un certain niveau de regain d’activités culturelles en cette fin d’année liée aussi à un niveau de sécurité globalement acceptable.

(v)                Un fait saillant particulier, l’émission Ranmase de ce samedi 30 décembre 2017 a été exceptionnelle. En l’absence de son animateur vedette, Jean Mona Metellus, l’émission a été animée par un jeune, Fernando Estimé à qui nous adressons nos plus vives félicitations. Pour une fois, cette émission politique, la plus populaire  du pays, avec une écoute presque planétaire, a été plutôt technique avec sept invités dont cinq  de marque : Thomas Lalime, Etzer Emile, Azad Belfort, Lemoine Bonneau, Stanley Lucas, Peterson Benjamin Noel et Lafortune Yves. On était loin de la cacophonie habituelle antigouvernementale à partir des diatribes des membres de l’opposition encouragées par l’animateur Metellus. C’était surprenant pour les habitués de cette émission. Cette fois-ci, on avait droit à des débats certes contradictoires essentiellement sur la situation économique du pays mais tellement instructifs. Je pense que c’est l’orientation qu’il faudra désormais donner à cette émission, tout en conservant son aspect primordialement politique. Comme il n’y a pas de politique sans économie,  un zeste économique et une certaine neutralité de M. Metellus enverraient une image beaucoup plus positive de notre pays tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Haïti et pourraient contribuer à la stabilité politique et à l’augmentation des investissements en Haïti.

B.      Analyse de la situation Socioéconomique

L’analyse de la situation socio-économique se base essentiellement sur les résultats officiels fournis par les comptes économiques annuels de l’Institut Haïtien de  Statistique et d’informatique (IHSI), et des informations glanées çà et là au niveau des médias et de certains documents.

Bilan économique

Comme nous nous sommes interrogés  dans le bilan 2016 et perspectives 2017, le secteur agricole n’a pu refaire le même exploit en 2017 qu’en 2016[4]. C’aurait été difficile dans la conjoncture haïtienne de cette année de transition marquée par les faits marquants rapportés plus haut et surtout les impacts de Matthew tel que nous l’avons perçu en Octobre 2016[5] « Matthew aura des impacts macro-économique et social, avec un ralentissement de la croissance. Sur le plan social, l’ouragan est venu aggraver une situation déjà précaire au niveau des départements frappés, avec « une population en moyenne plus pauvre que la moyenne nationale. Par ailleurs, la forte concentration des ménages pauvres autour de la ligne de pauvreté extrême laisse présager un fort risque pour ces ménages de tomber dans la pauvreté extrême.» Insiste le document du MEF. De plus, avec les dommages et pertes enregistrés dans le secteur agricole, la situation de la sécurité alimentaire risque de s’aggraver aussi, sans oublier les risques d’exode vers Port-au-Prince, l’exacerbation « des problèmes de malnutrition et de retard de croissance des plus jeunes, ainsi que leur vulnérabilité aux maladies ». Pour atténuer  ces risques et menaces, il faudrait rapidement venir avec ce plan de réponse national avec ses trois phases, urgence, relèvement et reconstruction/ développement. Ce plan de relèvement et de reconstruction devrait mobiliser  des ressources financières substantielles tant au niveau interne qu’externe.» Ce plan est venu sous forme de la stratégie de la caravane du changement déployée dans la Péninsule Sud dont les trois départements ont été les plus touchés par Matthew et les actions sectorielles prévues dans le "plan d’action de relèvement et de développement de la Péninsule Sud" élaboré par la cellule de Pilotage de la Caravane du Changement ont pris du retard dans leur démarrage réel (mi-Aout 2017) à cause d’un déficit de communication ; ce qui fait que les effets immédiats de ces actions sectorielles ne sont pas pris en compte dans le bilan de l’IHSI, les informations n’étant pas encore disponibles.

Par conséquent, selon IHSI[6] « Comme pressenti, l’économie haïtienne n’a pas pu faire mieux en 2017 qu’en 2016. Selon les estimations préliminaires, le Produit Intérieur Brut (PIB), en volume, n’a crû que de 1.2% contre 1.5% en 2016. Ce ralentissement du rythme de croissance peut-être imputé au caractère particulier de l’exercice fiscal 2016-2017. En effet, le premier semestre de l’année fiscale 2017 a été surtout marqué par (i) le passage du cyclone Matthew (ii) la fin des turbulences électorales de 2016 (iii) le départ du gouvernement de transition et (iv) l’installation des nouvelles autorités, avec tout ce que cela suscitait en termes d’incertitudes, d’attentisme et même de changement de priorité chez les acteurs économiques tant privés que publics.»  A mon humble avis, cela aurait pu être pire avec des dégâts estimés à 32% du PIB provoqués par Matthew, les inondations périodiques dans le Nord, le passage au large de la côte Nord d’Haïti de deux ouragans de catégorie 5 (IRMA et MARIA), le cyclone politique du 12 septembre 2017 avec le budget 2017-2018 comme prétexte. 

Regardons avec IHSI, la situation au niveau sectoriel : (i) Secteur Primaire,  « La branche agricole, pour laquelle on redoutait surtout une croissance négative suite aux dégâts causés par le cyclone Matthew, a pu « garder la tête hors de l’eau » avec une progression de 0.8% de sa valeur ajoutée à prix constant, contre 3.0% en 2016. » (ii)  Secteur secondaire avec un apport significatif des industries agroalimentaires issues du secteur agricole « De leurs côtés, portées par les fabrications de produits alimentaires et de boissons (2.8%), les industries manufacturières n’ont crû que de 1.0%, à cause notamment de la chute des industries textiles (2.0%) et de celles des fabrications de papier et des activités d’impression (0.2%). Ces dernières avaient enregistré en 2016 une augmentation de 2.7%, consécutive à la forte demande liée aux campagnes électorales. L’autre branche qui a aussi contribué à la hausse du PIB en 2017 est la Construction (Bâtiments et Travaux Publics, BTP) dont la valeur ajoutée à prix constant a progressé de 0.9%. Il convient toutefois de noter que depuis l’année dernière, cette branche d’activité n’affiche plus le dynamisme dont elle faisait montre de 2011 à 2015, ce qui dénote un certain ralentissement dans le processus de reconstruction post-séisme". Pas forcément, puisque la période de transition politique n’a mis l’accent que sur les élections et non sur les aspects Bâtiments et Travaux publics. Ce qui est différent avec l’administration actuelle qui a repris certains travaux mis en veilleuse depuis la transition au cours du 4e trimestre de l’exercice écoulé et au cours du premier trimestre de l’exercice 2017-2018. (iii) Secteur tertiaire. « Pour sa part, mené par le Commerce (1.3%), les Services non marchands (0.8%) et les Transports et Communications (1.0%), le secteur tertiaire n’est pas en reste avec une croissance moyenne de 0.9% de sa valeur ajoutée ».

Si on regarde le tableau suivant, on remarquera  que les trois secteurs sont presqu’en équilibre (0.8, 1.0 et 0.9). Avec de tels taux de croissances et le taux global de PIB de 1.2 %, le processus de paupérisation s’accentue, puisque le taux de croissance de la population (1.4%)  est supérieur au taux de croissance de l’économie (1.2%).  On ne peut redresser l’économie sans une politique agressive de réduction de population pour la ramener au niveau de 1% l’an et même inférieure à 1%.  En même temps, il nous faudrait une politique économique visant des taux de croissance à deux chiffres. Ce qui nécessiterait des investissements très importants, autour de 4 Mrds d’USD/an. Le budget de 4 Mrds d’USD sera financé comment ? Un élargissement de l’assiette fiscale ? Des investissements étrangers et nationaux importants ? D’où la nécessité d’abord d’une stabilité politique durable. Nos acteurs politiques en ont-ils conscience? « La stabilité politique est le premier des biens publics » a répété à maintes reprises le Président Moïse. Quelles mesures concrètes adoptées pour convaincre les autres leaders politiques ?

Laissons la politique pour plus tard et revenons à l’économie, en particulier aux grandes composantes du PIB avec IHSI.

PIB ET SES COMPOSANTES EN SEPTEMBRE 2017

PREVISIONS ECONOMIQUES
2013
2014
2015
2016
2017
DEFINITIVES
SEMI DÉFINITIFS
ESTIMÉES
ESTIMÉES
ESTIMEES
PIB EN MILLIARDS HTG
15017
15 439
15 626
15 853
16039
Taux de croissance réel
4.2%
2.8%
1.2%
1.5%
1.2%
Secteur primaire
4.6%
-1.4%
-5.4%
3.0%
0.8%
 Secteur secondaire
9.0%
5.5%
3.2%
0.8%
1.0%
Secteur tertiaire
5.0%
3.6%
2.9%
1.2%
0.9%
Source : IHSI- Septembre 2017- Tableau reconstitué par l’Auteur de l’Article à partir des comptes économiques de l’IHSI  et le tableau de septembre 2016 du MEF

Les grandes composantes du PIB. « En ce qui concerne les grandes composantes du PIB, l’analyse de la demande globale indique que c’est surtout la Consommation finale (2.7%) suivie de l’Investissement (0.9%) qui ont tiré la croissance, puisque les exportations, en volume, ont plutôt chuté de 1.2%. La consommation finale a été surtout boostée par la hausse des transferts de la diaspora (15.4%) et l’accroissement de la masse salariale tant au niveau public (8.0%) que privé (15.5%) .

Par ailleurs, en dépit d’une certaine stabilité du taux de change (surtout à partir du mois de mai), des tensions inflationnistes ont été quand même observées dans l’économie haïtienne qui a clôturé l’année fiscale 2017 avec 15.4% d’inflation en glissement annuel contre 12.5% en 2016. On notera toutefois que les tensions inflationnistes ont été beaucoup plus prononcées du côté des produits locaux (16.0%) que des produits importés (13.3%) ».

La non prise en compte des actions sectorielles dans le cadre de la caravane par l'IHSI

Nous insistons sur le fait que les effets immédiats de la caravane du changement n’ont pas été pris en compte dans l’analyse du bilan de l’IHSI,les premières estimations de l'augmentation de la production de riz au niveau de la Vallée datent de novembre 2017 et, même là encore, ce ne sont pas des informations officielles. Voyons maintenant certains aspects de la stratégie de la caravane du changement en termes de bilan partiel. La caravane du changement, qui est une construction dynamique et collective, un mouvement participatif utilisant une méthode itérative dans l’élaboration des documents d’exécution et la mise en œuvre des politiques publiques, vise à «  mobiliser les forces vives du pays pour transformer les rapports sociaux historiques et aboutir au développement endogène et durable d’Haïti. » Elle ambitionne de favoriser une imbrication intra-sectorielle des actions, leur articulation intersectorielle et leur intégration à l’action gouvernementale en vue de maximiser leurs effets et impacts pour le bien-être des citoyens. Elle utilise deux modes opératoires : Opérations coup de poing (urgence) et Opérations Structurantes (relèvement et développement) sans compartimentage réel entre les deux. Cette nouvelle stratégie de coordination et de gouvernance privilégie une exécution déconcentrée et décentralisée des actions sectorielles. En témoignent ses interventions phares dans la Vallée de l’Artibonite et dans la Péninsule Sud d’Haïti. Ces interventions couvrent la période allant du 1er mai  au 31 décembre 2017, soit une partie de l’exercice 2016-2017  de mai à septembre 2017, et le premier trimestre de l’exercice 2017-2018, d’Octobre à décembre 2017.

Malgré les faiblesses liées au secteurs impliqués dans la caravane surtout au niveau des structures déconcentrées et décentralisées chargées de l’exécution directe des actions sectorielles en principe avec l’appui des structures centrales de ces secteurs (incompréhension du concept caravane au début, résistance au changement, manque de personnel qualifié au niveau départemental, manque de matériels lourds, manque et mauvaise habitude des opérateurs d’engins lourds, manque d’encadrement des acteurs impliqués, etc. ), les effets immédiats sont très encourageants. (i) l’amélioration de la disponibilité de l’eau au niveau des périmètres irrigués (40,000 ha Vallée de l’Artibonite, Plaine des Cayes, de Torbeck, de Cavaillon et des Nippes) par  l’amélioration des conditions de drainage ; (II) l’amélioration des conditions de circulation  en termes de traitement de routes et  pistes intercommunales et rurales, plus de 500 Km au niveau de la Vallée de l’Artibonite, du Sud, de la Grande-Anse et des Nippes, en termes d’asphaltage et de bétonnage de route et de rues aux Cayes, à  Camp-Perrin, Carrefour Méridien (environ 25 Km); (iii) la protection des villes, villages et terres agricole agricoles par le curage et l’endiguement de rivières avec des mouvements de matériaux (Maïssade, Léogane, Cayes, Cavaillons, Nippes), soit une quantité de sédiments grossiers d’environ 500,000 m3 dont 328,000 réutilisés en remblais de protection et autres;(iv) La mise à disposition des moyens de production agricole en termes de distribution de tracteurs agricoles (45 Unités), d’engrais à prix subventionnés (10,000 TM), de semences de qualité (740 TM de semences de riz TCS10 au niveau de la Vallée de l’Artibonite, d’amélioration du cheptel animal (Nippes); (v) l’augmentation de la production agricole au niveau de la Vallée particulièrement de 2.5 à 4TM à l’hectare, ce qui correspond à une augmentation d'environ 30,000 TM de riz supplémentaires globalement ; (vi) l’amélioration de la protection de l’environnement  par la mise en place de structures mécaniques (Sud)  et biologiques (Sud, Grande-Anse et Nippes) en termes de construction de méga pépinières de 4.5 M de plantules fruitières et forestières et de distribution de centaines de milliers d’essences fruitières et forestières ; (vii) l’amélioration de la qualité de vie de la population en termes de réparation d’écoles avec l’Education Nationale appuyée par le FAES (414 salles de classe réhabilitées), de cliniques mobiles,  de réparation de structure sanitaires, de traitement de gîtes larvaires avec la Sante Publique, de réparation de 66 systèmes d’adduction d’eau potable avec la DINEPA au niveau de l’ensemble de la Péninsule Sud, de mise en place de station de traitement sanitaire et d’eau potable  (Lagrange), de réparation de logements sociaux (70 Unités dont 25 totalement achevées au niveau de la Grande-Anse) avec l'EPPLS,  d’électrification rurale en termes de mise en place de réseaux intelligents à Les Irois en phase d’achèvement et de distribution de kits d’énergie solaire à prix subventionnés à Lagrange (Artibonite), à Tiburon (Sud)  et Chansolme (Nord-Ouest).  Ces interventions ont occasionné des dépenses de l’ordre de 2.5 Mrds de Gourdes et des engagements de l’ordre de 3 Mrds de Gourdes, soit au total 5. 5 Milliards de gourdes (Réf. Rapport Bilan Caravane- Mai -Décembre 2017,  CASDA 2017).

Ces effets immédiats devraient en principe améliorer la situation pour l’exercice en cours, même s’il faut prendre en compte les inquiétudes exprimées par les économistes eu égard au déficit budgétaire constaté et au financement monétaire (4 Mrds HTG en Décembre 2017)  au premier trimestre de l’exercice en cours, et aussi éviter d’autres cyclones politiques annoncés par l’opposition radicale qui vise toujours le déboulonnage de l’administration en place.

C.      L’analyse de la situation politique

On ne va pas trop s’attarder sur la situation politique  dont la plupart des faits saillants traités plus haut ont contribué à la situation économique désastreuse d’Haïti. De plus, durant tout l’exercice 2016-2017 et l’année civile 2017, les faits politiques qui dominent l’actualité ont été abondamment analysés. Cette entropie politique qui nous caractérise depuis des décennies et exacerbée ces 6 dernières années devrait constituer notre principale préoccupation, car elle engendre l’instabilité politique qui, elle, est l’ennemie de l’investissement donc du développement. Si l’on en croit les propos du Président par rapport à la stabilité politique, il doit faire de son mieux pour éviter toute parole et action pouvant nuire à la stabilité du pays. Dans le cadre des états généraux sectoriels de la nation en préparation, il doit tout faire pour avoir la participation de l’opposition radicale, entreprendre la lutte contre la corruption, tout en créant des conditions pour la stabilité gouvernementale et éviter de mettre à pied des ministres comme cela s’est passé sous l’administration de M. Martelly.  Il faut éviter aussi d’entrer en conflit avec le Parlement et le Pouvoir judiciaire, tout en luttant contre toute  tentative  de corruption au sein de l’appareil étatique et des collectivités territoriales. La décision d’étendre la caravane de changement sur l’ensemble du pays est une bonne chose en soi. Le budget actuel ne dispose pas assez de provisions pour soutenir les actions sectorielles prévues dans le cadre de cette extension de la stratégie de la caravane sur tout le pays.  Ce qui devrait déboucher sur une rectification du budget pour l’adapter aux circonstances et envisager pour l’exercice 2018-2019 sa départementalisation et son augmentation substantielle. Alors se posera la question de son financement. Avec cette mentalité haïtienne de tout obtenir du gouvernement (services d’eau, d’électricité, emplois, éducation, etc.) sans rien donner en retour, que va-t-on faire pour financer le budget rectifié et surtout les autres lois budgétaires qui suivront ? Ce sont autant de défis à relever dont on ne voit pas encore comment.

D.      Conclusions et Recommandations

L’action gouvernementale a donné les résultats analysés plus haut. Ces résultats sont loin d’être satisfaisants. La situation de pauvreté et de misère du pays risque  de s’empirer en cas de cyclones politiques, de catastrophes naturelles liées au changement climatique, à la position géographique d’Haïti sur la route des cyclones et sur les failles tectoniques. Il faut noter aussi que la stratégie caravane du changement pourra aider à faire face à certaines situations prévisibles.  En témoignent les premiers effets immédiats et son grand potentiel d’ajustement et d’amélioration.  « La mise en œuvre des différentes opérations après seulement 7 mois d’exécution montre » des signes encourageants, malgré certaines faiblesses dues à sa jeunesse et héritées du mode de fonctionnement du pays avec les résultats que l’on sait. « En effet, les résultats de certaines interventions sont visibles, notamment au niveau de la production rizicole dans la Vallée de l'Artibonite, au niveau de l'amélioration des axes routiers, du curage et d’endiguement des rivières. Le gouvernement, en guise de perspectives, mettra le cap sur la poursuite et le renforcement des interventions déjà engagées afin que toutes les activités qui étaient prévues dans ce plan soient mises en œuvre au bénéfice de la population des départements affectés et même les étendre à tout le pays en général » a conclu le rapport bilan de la CASDA relatif  à la caravane du changement.

Selon les vœux exprimés par le Président, la caravane s’étendra sur tout le pays le 7 février 2018, ce qui exigera des moyens supplémentaires pour cette extension sur les 7 autres départements non encore touchés et d’autres défis à surmonter dont la disponibilité d'engins lourds au niveau de l'ensemble des départements, au prorata des actions sectorielles départementales, de la taille des départements, des priorités communales et sections communales, etc., (Travaux publics, Agriculture, environnement, etc.) . L’administration Moïse a-t-il les moyens de sa politique?

En termes de Perspectives  pour 2018, référons nous à nouveau à l’IHSI, « Enfin, tenant compte des goulots d’étranglement spécifiques auxquels l’économie a dû faire face en 2017, toutes choses égales par ailleurs, l’année 2018 devrait être plus prometteuse. Cependant, il ne faut pas non plus perdre de vue que le pays, étant situé sur la trajectoire des cyclones, a besoin d’un plan de contingence adéquat pour atténuer considérablement l’impact distributif négatif des déréglementations climatiques. En tout cas, l’atteinte de l’objectif de 3.9% de croissance du PIB en 2018 passera, entre autres, par la relance effective et garantie des activités agricoles, la redynamisation du secteur des bâtiments et travaux publics et l’amélioration continue du climat des affaires.» Et nous ajoutons: l'amplification de certaines actions sectorielles prévues par la caravane du changement.

Aujourd’hui est le dernier jour de l’année 2017. Demain, Haïti va avoir 214 années d’existence. Les acteurs du  développement, le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire, les collectivités territoriales, la presse, la société civile, le secteur privé, la communauté internationale veulent tous voir un mieux-être pour Haïti. C’est leur souhait à tous pour ce pays. Travaillons ensemble réellement, sans arrière-pensée, pour le développement intégral, endogène et durable de ce coin de terre qui pourra redevenir, avec l’appui de tous ses fils et filles et de "ses amis" de la communauté internationale, la perle des Antilles, l’exception culturelle de la Caraïbes. Aussi disons-nous à tous et à toutes, meilleurs vœux en la patrie commune ! Que Dieu nous bénisse et bénisse notre chère Haïti!






[1] Réf.http://www.ihsi.ht/pdf/comptes_economiques_en_2016.pdf                  
[2] https://jrjean-noel.blogspot.com/2017/01/haiti-bilan-2016-perspectives-2017-le.html : HAITI : BILAN 2016, PERSPECTIVES 2017, LE SECTEUR AGRICOLE PRINCIPAL RESPONSABLE DE LA CROISSANCE DE 2016, PEUT-IL IL REFAIRE « LE MEME EXPLOIT » EN 2017?
                                                                                                                           

dimanche 3 décembre 2017

HAITI, LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION VERS UNE REVOLUTION TRANQUILLE EXIGÉE PAR LA CONJONCTURE

HAITI, LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION VERS UNE REVOLUTION TRANQUILLE EXIGÉE PAR LA CONJONCTURE
JEAN-ROBERT JEAN-NOEL
3 DECEMBRE 2017

Je m’étais promis de ne plus revenir sur cette thématique de la corruption après mes quatre (4) articles sur le sujet, « Lutte contre la corruption, nécessité de protection spéciale pour le Président Préval » (Réf. Le Nouvelliste),« Indice de perceptions de la corruption et toi [1]», « Indice de perceptions de la corruption et projets[2] », « Indice de perceptions de la corruption et Institutions[3] ». J’avais promis à mon ami, Henriot Nader, qui m’a conseillé de laisser tomber cette thématique, de ne plus y revenir. Il se retourne peut-être dans sa tombe du fait que j’y reviens dans cet article. Il aurait compris car la conjoncture l’exige. Avant de s’y attarder, passons brièvement en revue les faits saillants du mois de Novembre 2017.

Faits saillants du mois de Novembre … voilà pour l’essentiel
Le mois de Novembre 2017 est riche en événements sensationnels. Ce sont (i) les réactions des indexés dans le rapport Beauplan sur PETROCARIBE de la Commission d’éthique et d’anti-corruption ; (ii) l’annonce du déploiement de la caravane du changement par le Président J. Moïse sur tous les départements à partir du 7 Février 2018, moyennant l’élaboration des plans d’action départementaux (PARD en cours) et la mise à disposition de moyens dont les matériels lourds commandés; (iii) l’incident survenu à l’école Maranatha, à Carrefour, et son lot de morts du côté de la police nationale d’Haïti (PNH) et des civils ; (iv) la remobilisation de l’armée d’Haïti le 18 Novembre 2017, et la désignation son commandant en chef, en la personne du Général Jodel Lesage ; (v) le rapport de la commission sur l’application de la loi sur les partis politiques qui  a recommandé un montant de  572 M HTG pour financer 58 partis politiques ; (vi) le retour au pays du principal leader de l’opposition, Jean-Charles Moïse, après des soins intensifs à Cuba ; (vii) le voyage éclair du Président Jovenel Moïse au Venezuela soldé par la renégociation de deux accords  de 97 M USD dont 82 M USD, dans un premier temps (12 mois) pour les infrastructures agricoles, l’énergie, des infrastructures routières, et, dans un second temps (horizon 12 mois), 15 M USD pour vendre au Venezuela des produits comme la farine, les pâtes alimentaires, les haricots, le riz et le café[4] ; (viii) le symbolisme du 29 Novembre 1987 ou « le massacre de Ruelle Vaillant » commémoré par l’opposition en termes de manifestations de rue et le pouvoir en place en termes de discours et dépôt de gerbe de fleurs du Chef de l’Etat sur les lieux, en présence du Président du Sénat, M. Y Latortue, et du Président du Conseil Supérieur du Pouvoir judiciaire (CSPJ), M. Cantave ; (ix) le lancement de la neuvaine de l’Eglise Catholique en préparation au 75e anniversaire de la consécration d’Haïti à Notre-Dame de l’Immaculée Conception, avec cette attente de l’église catholique par la voix du Cardinal Langlois de voir  « Une Haïti vivable. Une Haïti décidée à mener la guerre contre l’impunité, la corruption, la pauvreté… où chacun apprend à se responsabiliser ». Voilà pour l’essentiel.

La corruption, une vraie préoccupation pour le Président

Depuis son discours d’investiture, le Président de la République ne cesse de claironner qu’il va lutter contre la corruption. Il a récidivé en plusieurs occasions, il a même déclaré que le pays a cinq gros problèmes : corruption, corruption, corruption, corruption et corruption. A deux rencontres auxquelles j’ai pu assister, il est revenu sur cette thématique. J’ai donc déduit c’est une vraie préoccupation pour lui.

Le rapport de la commission sénatoriale sur PETROCARIBE « partial », « partiel », « partisan », « inconstitutionnel», quel que soit l’adjectif qu’on lui attribue, pose  la problématique de la corruption dans le pays. Le rapport de Paul Denis sous l’administration Alexandre-Latortue en a fait de même par rapport à l’administration Aristide. Le rapport de l’ULLCC sur l’ONA qu’on a qualifié de « l’ONAgate » a fait beaucoup de vagues à son époque. Ce rapport a épinglé à tort ou à raison certains parlementaires, certaines stations de radios et certaines  personnalités. 

Dans les trois cas cités, les indexés se sont défendus du bec et des ongles et ont qualifié ces rapports de fantaisistes, de persécutions politiques, de nuisance calculée, de règlements de compte, de méchancetés de la part de leurs auteurs. Il y a du vrai dans toutes ces réactions. Mais une chose est certaine, la corruption est là. Elle est endémique. Il faut l’éradiquer. Que les rapports sur la corruption indexent à tort ou à raison des personnes, des institutions, ce n’est pas la vraie question. Selon le Sénateur P. Dumond, est-on pour ou contre la corruption ? C’est la vraie question à se poser dans cette conjoncture.

Lutte contre la corruption et la conjoncture

La conjoncture actuelle s’y prête. Haïti a été classée 158e sur 168 pays par la Transparency International, le mercredi 27 janvier 2016, avec 17 points sur une échelle de 1 à 100, en perdant 2 points par rapport au classement précédent[5]. La représentante de l’ONU en Haïti, MINUJUSTH, dit « prendre au mot » l’administration actuelle qui ambitionne de combattre la corruption et elle attend de la voir à l’œuvre. Au niveau mondial, la lutte contre la corruption devient un thème majeur. La France parle de la « moralisation de la vie publique » eu égard à la corruption. Les manifestations de rue contre la corruption se font dans plusieurs pays dont la République Dominicaine. L’Ex-Présidente du Brésil a été destituée à cause de la corruption. L’actuel Président du Brésil est aussi indexé. En Haiti, le Collectif du 4 décembre prévoit de manifester le 5 décembre prochains contre la corruption et l’impunité. En effet selon une note signée de Jean Robert ARGANT : « Le Collectif du 4 décembre interpelle toutes les citoyennes et tous les citoyens engagés, pétris de l’amour de la patrie et aguerris pour l’accompagner dans son combat et les invite à rejoindre ses rangs pour crier haut et fort : CORRUPTION : NON ! IMPUNITÉ : NON ! TOLÉRANCE : 0 absolu ! »

Par rapport à la remobilisation de l’Armée d’Haïti caractérisée dans le passé par la corruption,  par rapport à la mise en application prochaine de la loi sur les partis politiques qui, en général, fonctionnent sans les règles de transparence, par rapport  à  l’annonce du déploiement de la caravane du changement sur l’ensemble du pays à partir du 7 février 2018, et pour éviter que le fléau  de la corruption ne s’installe au sein des forces armées, au niveau des partis politiques et  au niveau de la caravane du changement, qui auront des rayons d’action  au niveau de toute la République, il faudrait des normes clairement établies et des prévisions de mesures concrètes contre toutes éventualités, y incluse la corruption.

L’exemple de la  mise en œuvre  de la stratégie caravane du changement   
       
Un simple exemple par rapport à la mise en œuvre de la stratégie caravane du changement, il est prévu, comme il se fait dans la Péninsule Sud d’Haïti, que ce sont les directions déconcentrées des secteurs qui vont exécuter les actions sectorielles et gérer les fonds y relatifs. Chaque secteur aura à gérer ses affaires (imbrication intra-sectorielle) en les articulant à d’autres secteurs (articulation intersectorielle), et ces actions seront intégrées à l’action gouvernementale (coordination, gouvernance) pour maximiser leurs effets et impacts (transformation des rapports sociaux historiques) en vue d’aboutir au développement endogène et durable du pays (CASDA, Novembre 2017[6]) (scrutez bien le schéma explicatif  ci-dessous).

Une vraie révolution tranquille pour un développement intégral, endogène et durable

La conjoncture exige que chacun joue son rôle à la perfection selon les normes de transparence inhérentes à la bonne gouvernance. Le Président préside, le Premier Ministre gouverne, les ministres administrent et les autres entités des ministères et des organismes autonomes tant au niveau central, décentralisé et déconcentré exécutent. Les autres acteurs du développement sont assujettis aux mêmes règles et principes. Ces règles et principes de transparence devront être très clairs pour éviter toute forme de confusion et de collusion, afin que nul n’en prétexte ignorance. Les mesures de coercition prévues et à prévoir seront suivies et appliquées sans complaisance. Une vraie révolution tranquille issue des états généraux sectoriels de la nation ou de la conférence nationale ou de la grande concertation nationale. C’est à ce prix qu’Haïti amorcera son développement intégral, endogène et durable durant le mandat de cette administration et l’atteindra pleinement à l’horizon 2042!