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lundi 28 novembre 2011

ET SI L’EXECUTIF ET LE PARLEMENT SE BATTENT DESORMAIS POUR UNE AUTRE HAITI?


ET SI L’EXECUTIF ET LE PARLEMENT SE BATTENT DESORMAIS POUR UNE AUTRE HAITI?

JEAN ROBERT JEAN-NOEL

27 NOVEMBRE 2011.

Haïti traverse une période difficile depuis la prise du pouvoir par le gouvernement Conille. L’altercation entre le Président Martelly et le Député Bélisaire au Palais National, suivie de l’arrestation et du relâchement de ce dernier, a poussé le Parlement , qui n’était déjà pas en odeur de sainteté  avec le Président (rappelez-vous le sort réservé à ses deux premiers ministres désignés, Gousse et Rouzier), en a profité pour complexifier un incident certes grave mais qui , à mon humble avis, vu la problématique haïtienne, ne devait pas déboucher sur la crise  actuelle (blocage implicite du pays, menaces  à peine voilées de destitution du Président, de renvoi  du gouvernement,  de renvoi de ministres, et en fin de compte, démission du ministre de la justice, Me Pierre-Louis, en plus, possibilité de rebondissement en janvier 2012 avec la réouverture de la session  parlementaire). Durant cette période de trouble, Haïti a connu la hausse de l’insécurité, le ralentissement des activités économiques, un gouvernement qui n’a pas pu démarrer vraiment. La retraite gouvernementale du Club Indigo a débouché sur un plan d’actions gouvernementales 2011-2012. Ce plan annuel sera suivi d’un plan quinquennal. Du coté du Sénat, la commission mise en place  pour établir la vérité a sorti un rapport très bien écrit et détaillé pour confirmer tout ce que tout le monde doué de bon sens sait déjà que les acteurs impliqués dans cette affaire ont menti. Le ministre de l’Intérieur, Me Mayard Paul a été épargné, le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Me Brunache, aussi, tandis que le ministre de la justice a été épinglé et a « démissionné » quelques heures  avant  la séance d’interpellation programmée par le Sénat, le 22 Novembre 2011.

La saga Bélisaire-Martelly qui a mis à mal l’image du pays a-t-elle terminé ? Le Parlement et l’Exécutif ont-ils compris enfin qu’Haïti est plus importante que ces querelles sans grandeur qui ont émaillé les six premiers mois de la présidence de Martelly ? Et vont-ils s’arranger pour que les trois pouvoirs de l’Etat restent dans leurs limites constitutionnelles, en menant des actions imbriquées dans chaque pouvoir, articulées par rapport à chaque pouvoir et intégrée dans le grand ensemble qu’est Haïti pour déboucher, en finale, sur le développement harmonieux d’Haïti ?

Pour la première interrogation, rien n’est moins sûr si l’on en croit les propos de certains députés et sénateurs qui veulent aller jusqu’au bout, c'est-à-dire,  la destitution du président pour violation de la Constitution. Pour d’autres députés et sénateurs, il faudra passer l’éponge, si le président s’excuse. Ce qu’il a fait d’une certaine manière dans son discours à la Nation tout de suite après le vote du rapport de la commission parlementaire. Comme toujours en Haïti, ce n’est jamais suffisant d’utiliser un langage voilé pour reconnaitre ses torts ; il faut s’abaisser et s’humilier devant l’ennemi. Et même là encore, on n’est jamais tout à fait pardonné. En tout cas, pour le bien-être de notre pays, il serait bon de fermer cet épisode ridicule qui a le bon coté de nous faire prendre conscience des limites de chacun des pouvoirs. Comme dirait l’autre, « seul le pouvoir arrête le pouvoir ». En Haïti, il faudrait un équilibre réel des pouvoirs d’Etat et non la prééminence de l’un sur l’autre. Or le pouvoir judiciaire est inféodé par les deux autres qui se sont arrangés pour le partager jusqu’ici. Donc, il faudrait trouver la formule idéale pour qu’il fonctionne sans interférence des deux autres.

Pour la deuxième interrogation, on a cette impression que le Parlement et l’Exécutif comprennent la nécessité d’éviter les querelles sans grandeur. Ces querelles, axées sur les intérêts de groupes, font plus de mal au pays que de bien. Le sous développement d’Haïti s’explique en grande partie par ces querelles intestines qui se sont déclarées dès le lendemain de l’indépendance du pays haïtien. Actuellement, ces querelles entre le Parlement et l’Exécutif ne font que reproduire ce qui s’est passé tout le long de notre histoire tumultueuse de « Peuple Rebelle », capable d’aller jusqu’au bout, sans considérations aucunes. L’impression dégagée des deux cotés , c’est qu’ils ont compris le message de la Nation ( non pas celui des groupes d’intérêts-au contraire) qui a assisté douloureusement à cette mascarade qui, pendant un mois, a occupé l’actualité au détriment des multiples problèmes que confronte Haïti à la veille de 2012. Cette mascarade a favorisé la sortie des loups de leur tanière pour kidnapper, voler et tuer en toute impunité. En déclenchant cette affaire, l’Exécutif et le Parlement savaient très bien que le pays allait en pâtir, que le « zenglendisme » allait en profiter au maximum. A moins qu’ils ne connaissent pas bien la réalité haïtienne ou qu’ils la connaissent très bien et qu’ils agissent en connaissance de causes ! Dans les deux cas, ils sont condamnables. En tout cas, dans la conjoncture actuelle, il faut faire avec ce qu’on a et continuer avec eux en leur demandant de ne plus jamais recommencer ce petit jeu malsain susceptible de nuire à nous tous. Et qu’ils sachent aussi qu’ Haïti appartient à chacun de ses enfants et qu’ils n’ont aucun droit, aucun, sous prétexte d’être des élus, d’offrir au monde entier ce spectacle hideux et sans grandeur !

Pour la troisième interrogation,  après ce spectacle hideux, il serait bon, en premier lieu, pour ces personnes qui ont acquis le droit de nous gouverner par voie élective (magouille ou pas) de s’asseoir ensemble, en surmontant leurs différends, pour définir le contour de ce « vivre ensemble », de ce « pacte de gouvernabilité », de ce « plan de 25 ans »  dont les éléments sont disponibles (PARDNH 2010-2032, PSSN, GRANH, etc. )et les objectifs assez clairs et précis (FONHDILAC, http://jrjean-noel.blogspot.com/2011/08/document-dorientation-pour-la.html). On peut tout reprocher à la Constitution de 1987, elle a au moins le mérite de définir les limites de chacun des pouvoirs d’Etat. C’est notre acquis démocratique le plus important depuis 1986. On l’a violée, vilipendée, amandée en fonction des intérêts contrairement à l’excellent travail réalisé par la commission présidentielle présidée par Claude Moïse. Elle résiste parce qu’elle porte en elle, en dépit de ses faiblesses, le germe du changement souhaité par la majorité des Haïtiens. En l’appliquant intégralement et sans volonté délibérée de la violenter, on aurait déjà obtenu  certains résultats. En tout cas meilleurs que ceux dont on a obtenu jusqu’ici !. Malheureusement, nous nous sommes confortés dans cette idiotie « constitisyon se papye, bayonet se fè ». Nous devons, à la faveur de cette affaire Bélisaire-Martelly, qui nous fait tant de mal, nous mettre ensemble pour favoriser l’harmonisation entre les 3 pouvoirs, appliquer la stratégie d’imbrication, d’articulation et d’intégration des actions (SIAA) au niveau des 3 pouvoirs, en permettant à chacun des pouvoirs d’agir de manière à imbriquer les actions en son sein, de les articuler par rapport à l’autre pouvoir et de les intégrer ensemble dans le plan de développement de notre chère Haïti. Ce travail exige beaucoup de sacrifices et aussi de la  personnalité de la part de chacun des représentants des 3 pouvoirs pour exercer le leadership éclairé nécessaire pour la bonne marche de chacun des pouvoirs d’Etat. En articulant les actions imbriquées dans chacun des pouvoirs et en les intégrant dans le grand ensemble Haïti, le pays rêvé par tous les Haïtiens dignes de ce nom verra le jour à l’horizon 2035.

Et l’affaire Bélisaire-Martelly aura été utile à quelque chose,  le Parlement et l’Exécutif auront gagné la bataille pour la mise en place, avec le Judiciaire, de l’Etat de droit prévu par la Constitution et après lequel nous courons depuis 1986. Et Haïti sera vue autrement grâce à l’harmonie enfin retrouvée entre les trois (3) pouvoirs d’Etat, et le développement durable de ce pays ne sera plus ce rêve d’intellectuels en quête d’évasion pour éviter cette hideuse réalité haïtienne! Nos Dirigeants actuels ont cette occasion unique, cette dernière occasion, après cette mascarade, de nous permettre de contempler cette image lointaine de l’autre Haïti en lançant cette bataille dès aujourd’hui pour se faire pardonner. Puissent-t-ils s’inspirer de Dessalines et de Pétion pour devenir des bâtisseurs comme Christophe et des visionnaires comme Toussaint ? C’est peut-être trop demander à ces petits hommes. Qu’ils nous étonnent en nous démontrant le contraire ! Et Haïti leur sera éternellement reconnaissante ! C’est tentant ! N’est-ce pas, Messieurs et Dames ? A moins que….

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Martelly is too moderate, too nice, too naïve perhaps. In order to change things he will have to sin for his country. If I was Martelly I would outlaw a criminal organization like lavalas and all their new branches. I would dissolve parliament so I could prosecute all those who violated the 1987 constitution. I would execute a few criminals to make an example out of them I would take back our country from the foreigners.