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samedi 1 septembre 2012

HAITI: SAVANE DIANE ET ISAAC, DE L’ESPOIR AU DESESPOIR, VIVE LA REVOLUTION TRANQUILLE HAITIENNE




HAITI: SAVANE DIANE ET ISAAC, DE L’ESPOIR AU DESESPOIR, VIVE LA REVOLUTION TRANQUILLE HAITIENNE

JEAN ROBERT JEAN-NOEL

31 AOUT 2012

 En ce dernier jour du mois d’Août 2012, Haïti se bat pour se relever des effets de la Tempête Isaac. La situation ne s’est pas vraiment améliorée après le Carnaval des fleurs. L’espoir plus que la réalité a allégé le poids des tambours. Pourtant les événements se sont succédé à un rythme effréné et s’enchainent au point de créer un imbroglio inextricable et difficilement analysable. Après un bref rappel de la situation politique, il vous sera présenté deux faits marquants du mois d’Août 2012, l’inauguration du "Village de l'Espoir" de Savane Diane à partir d’une analyse du discours du ministre de l’Agriculture et le passage de la tempête Isaac, ses effets sur le secteur agricole et la réponse envisagée. De l’espoir au désespoir, il nous faut ouvrir la voie pour cette révolution tranquille haïtienne !

 Situation politique actuelle et sa pomme de discorde
Au niveau politique, le Premier Ministre (PM) Lamothe a procédé, avec l’approbation du Président Martelly,  à un remaniement ministériel surprise. Le Ministre de l’Intérieur, Me T. Mayard-Paul, est remplacé par l’ex-ministre des affaires sociales, Mr R. Saint-Cyr, la  ministre du plan et de la coopération externe, Mme Josepha Gauthier, mutée aux affaires sociales, est remplacée par Mr Lamothe qui cumule désormais la fonction de Premier et de ministre du plan comme le PM Bellerive avant lui, le ministre de l’Environnement, Ronald Toussaint, un excellent technicien, est remplacé par Dr Jean Vilmont Hilaire tandis que celui de l’Education nationale, M.Reginald Paul, est remplacé par Vanneur Pierre. Cette situation aurait pu passer inaperçue comme une révolution de palais s'il n' y  avait pas eu la mise à pied du ministre de l’Education Nationale qui venait d’annoncer la réouverture des classes pour septembre 2012 contrairement au PM Lamothe qui maintient cette réouverture pour octobre 2012 comme l’année dernière , et surtout la révocation du « minis pep la », le « tout puissant » ministre de l’Intérieur, Me Thierry Mayard-Paul. Il y a eu beaucoup de spéculations et peu d’analyses comme toujours en de pareils cas. Toujours est-il que Me Mayard-Paul a rebondi comme « Conseiller Privé du Président de la République avec rang de ministre ». Je ne sais pas ce que cela veut dire mais en politique cela a une très grande signification.

CEP permanent, pomme de discorde
Après  ce remaniement, Haïti a eu droit à la mise en place d’un Conseil Electoral Permanent de six (6) membres contrairement aux neuf (9) membres prévus par la Constitution. Le Parlement et la classe politique crient au scandale. Le CEP est installé malgré les protestations des uns et des autres. Les arguments pour ou contre fusent de toute part. Les non initiés ont perdu le nord. Entre temps, Mario André Sol, arrivé en fin de mandat, a été remplacé à la tête de la Police Nationale par Godson Aurelus comme Commandant en Chef ratifie  par le Senat le 30 aout 2012. Profitant de cet imbroglio où chacun essaie d’appréhender la conjoncture, les kidnappeurs opèrent au niveau de la plaine du Cul de Sac, à Santo, à Lillavois où une collègue de promotion a été enlevée chez elle, en présence de son mari et dans sa voiture en prime, la nuit du passage de la Tempête Isaac.

Savane Diane (20,000 ha) et le discours « révolutionnaire du Ministre de l’Agriculture »

Avant de m’attarder sur le bilan d’Isaac et les mesures envisagées par le ministère de l’agriculture, je voudrais parler un peu de Savane Diane qui a été l’objet d’un événement majeur pour le secteur agricole. Bernard Ethéart y a consacré un article: «  Le Village de l’Espoir » (Réf. Haïti en Marche #31, 22 Août 2012, http://lesmeilleurstextes.blogspot.com/2012/09/village-de-lespoir.html), et Agr Michel WILLIAM  au moins deux émissions sur Radio Télé Guinen.

Lisons ensemble le discours du ministre Thomas JACQUES de l’agriculture : « La cérémonie du jour peut paraitre tout à fait ordinaire.  D’aucuns peuvent penser qu’il s’agit d’une inauguration de plus.   Il me plait cependant de vous dire que ce que nous lançons aujourd’hui a la prétention  d’inspirer ce que devrait être le modèle organisationnel du milieu rural et le modèle fonctionnel du secteur agricole pour les prochaines années, voire les prochaines décennies ».
Plus loin : « J’aimerais tout d’abord présenter les remerciements du Ministère de l’Agriculture, des Ressources et du Développement Rural à tous ceux qui ont rendu possible le projet que nous sommes en train de lancer.  Car, contrairement à la signification traditionnelle d’une cérémonie d’inauguration, il ne s’agit pas d’un projet qui se termine et qu’on réceptionne, mais d’un projet que nous sommes en train de lancer ».

Après des remerciements au Gouvernement de Taïwan représenté par l’Ambassadeur de Taïwan en Haïti et par la présidente de la Croix-Rouge taïwanaise venue spécialement pour cette inauguration, après des remerciements aux anciens ministres de l’agriculture impliqués dans la conception, la mise en œuvre  et la mise en valeur de Savane Diane, comme Sébastien Hilaire, Philippe Mathieu, Joanas GUE, le Ministre a poursuivi en ces termes : « À l’origine, il s’agissait d’un projet à caractère d’urgence humanitaire visant à relocaliser des personnes victimes du séisme dévastateur du 12 janvier  2010 et qui s’étaient réfugiées dans la région de St-Michel.  Cependant, du 12 janvier 2010 à maintenant, des changements significatifs sont intervenus dans la région et dans le pays qui ont permis de modifier ce projet dans son esprit pour en faire un projet qui se place dans une perspective de développement durable ».

Après avoir expliqué les raisons qui ont porté le gouvernement à apporter ces heureuses modifications au projet de départ comme le retour de la grande majorité des réfugiés à Port-au-Prince, les élections qui ont porté au Pouvoir une nouvelle équipe avec une nouvelle vision pour le secteur agricole et la nécessité de regrouper les paysans les plus pauvres de la Savane pour leur offrir les services de base, le Ministre a enchainé : « Sur la base de ces évènements et, en fonction de la nécessité de faire du secteur agricole un secteur rentable, moderne et durable le MARNDR et la Mairie de St Michel se sont entendus pour intégrer dans le projet les populations les plus vulnérables habitant la Savane Diane, de leur donner accès aux facilités de logements et aux terres agricoles ainsi qu’aux infrastructures sociales disponibles.» Et il a ajouté en créole haïtien pour bien se faire comprendre des paysans : « Gouvènman an désidé poul fini ak késyon peyzan mizérab ki abité nan kay tach, ki paka voyé pitit li lékòl, ki paka gen swen santé, kap travay depil jou jouk li nan nuit ak yon rou, yon manchèt é pafwa ak zong li.

Vilaj ESPWA ap pèmèt nou kaba ak zafè dispèsyon an koté chak fanmi retrouvél sou tèt yon mòn san sèvis de baz.  Lap pèmèt tou nou sòti nan zafè chak moun sou ti moso tè li ap dégajél poukòl goumen ak la nati, sanl pa janm ka amélyoré ni zouti lap utilizé, ni kapital fanmi a.  Sé poutèt sa la Méri ak Ministè Agrikilti désidé ke yo pap bay kay, lékòl, dispansè, tè, etsétéra a chak moun men yap remèt yo bay yon asosyasyon ki rélé Òganizasyon Péyizan Déboché/Savàn Dyàn (OPDSD).  Oganizasyon saa li men ap gen poul siyen yon kontra ak chak fanmi.  Kontra saa ap define nan ki kondisyon fanmi yo ap ka jwi byen say o ke Léta mété a dispozisyon yo “.

En clair, pour ceux qui ne comprennent le créole haïtien, le plus important à retenir c’est que la terre ne va pas être répartie par famille, mais est donnée à l’organisation de paysans qui est mise en place, et chaque famille doit rester solidaire à travers l’organisation, et ne peut procéder à la séparation des terres en cas décès du père. En d’autres termes, la loi de succession à la base du morcellement excessif des terres agricoles en Haïti devra être modifiée. De plus, toutes les mesures adoptées dans le cadre de ce projet qui est «  lancé et non encore achevé » sont, à mon humble avis, une révolution tranquille qui est amorcée en Haïti, tout au moins dans le secteur agricole.

En outre, c’est plus qu’un projet agricole. C’est un projet de développement local impliquant l’Etat central et ses structures déconcentrées (MARNDR, DDA, BAC), les collectivités Territoriales (Mairie de St Michel et CASEC), une organisation de la société civile (OPDSD) et les populations bénéficiaires. Ce sont ces partenaires qui sont les parties prenantes de ce projet ambitieux qui de l’urgence humanitaire est passé au rang de projet de développement avec une première phase réalisée avec le concours financier des taïwanais (200 maisons construites,  500 ha mis en valeur et emblavés en petit mil et en maïs au moment de l’inauguration).

Rôles et responsabilités des parties prenantes :
Selon le ministre de l’agriculture : « Dans ce projet, quatre partenaires sont impliqués : (i) La mairie de St Michel de l’Attalaye, en tant que gouvernement local, gestionnaire prioritaire selon la Constitution de 1987 amendée des terres  de l’État; (ii) Le Ministère de l’Agriculture en tant qu’institution sectorielle dont la mission principale est d’organiser et d’appuyer le développement du secteur agricole, (iii) L’Organisation des Paysans de Débauché/Savane Diane en tant que garante de la participation des bénéficiaires, et (iv) les familles bénéficiaires elles-mêmes ».

La vision du Gouvernement mise en pratique
Le Ministre a dégagé cette vision en ces termes : « Il s’agit donc d’un projet avant-gardiste  qui s’inscrit dans la ligne de la responsabilisation des collectivités territoriales (Mairie et CASEC) et de la fourniture effective de services par les instances déconcentrées (Ministère de l’Agriculture, Ministères de l’Éducation et da la Santé). Le gouvernement Martelly/Lamothe entend faire du village Espoir un modèle qui doit inspirer la restructuration du monde rural et la relance du secteur agricole.

Pour sa part, le MARNDR entend continuer à encadrer les producteurs et à les aider à améliorer leur situation afin de passer le cap d’agriculteurs pour  devenir de véritables entrepreneurs.  Le village doit être à la fois une vitrine et un creuset de formation et de réflexion sur les problématiques du développement local et de la modernisation du secteur agricole.  Une ferme agricole de plus de cinq cent hectares est en cours d’aménagement et d’équipement sur les terres adjacentes au village ».

En conclusion, tout un programme à mettre en œuvre dans ce que j’appelle une révolution tranquille dans le secteur et laissons la parole au Ministre : « La Savane Diane représente, avec le reste du Haut Plateau Central et le Nord-est, l’une des principales réserves foncières du pays.  Le MARNDR entend faire de cette zone un pôle important de croissance agricole.  C’est pourquoi nous avons prévu des investissements importants dans la région au cours des prochaines années. Irrigation, lacs collinaires, arboriculture fruitière, école moyenne d’agriculture, formation d’entrepreneurs agricoles, telles sont quelques actions prévues et articulées autour d’une valorisation du potentiel régional que le ministère compte mettre en œuvre dans le cadre de la relance du secteur agricole ». C’est ambitieux mais c’est à notre portée si les chamailleries politiques et les cyclones ne viennent pas perturber notre chère Haïti. Malheureusement, nous continuons à nous battre politiquement et Isaac est passé par là pour nous rappeler notre fragilité.

Isaac, parlons-en enfin!
Dans la nuit du 24 au 25 août 2012, Haïti a enregistré sa première tempête tropicale de la saison cyclonique 2012 (vent 100km/h). Le ministère de l’agriculture en a fait un bilan partiel : 24 morts, 3 disparus, des pertes de bétail (4297 têtes animaux), des dommages sur 81,250 ha de terres plantées en banane, en fruits et café, en céréales et légumineuses, et 72.5 km de routes rurales. La valeur des pertes non inclus les morts et disparus qui n’ont pas de prix, est de 259, 202,480 dollars américains (Réf.MARNDR/CNSA Aout 2012, Bilan partiel Isaac). Cette valeur correspond aux pertes  d’un seul secteur. Imaginez les pertes pour l’ensemble des secteurs. Ce qui va contribuer à une révision à la baisse  du PIB de 2011-2012 et mettre encore plus en evidence notre niveau de pauvrete.

L’aggravation des effets de la sécheresse
Les effets de la sécheresse qui a affecté la campagne de Printemps avec des pertes de l’ordre de 40% se sont donc aggravés. Le programme de réponse à la sécheresse du ministère de l’agriculture (1.4 Mrds GHT), actuellement en cours d’exécution, nécessite d’être complémenté. Sans quoi, on risque une déperdition à la nouvelle rentrée scolaire d’Octobre 2012, une hypothèque sur la campagne d’Hiver, une anticipation d’une insécurité alimentaire touchant des couches plus ou moins aisées et aggravant la situation des couches vulnérables, une baisse de niveau d’emploi en milieu rural qui pourrait déboucher sur des tensions sociales liées à une appréciation des prix des produits agricoles, une augmentation des importations des produits alimentaires. D’où nécessité d’un programme complémentaire.

Le programme de relèvement post-Sécheresse/cyclone 2012
Le programme complémentaire est « un plan de relance du secteur agricole », selon le mot du Ministre de l’agriculture, Thomas JACQUES. Il vise la recapitalisation des exploitations agricoles en vue de renforcer leurs capacités productives par (i) la réhabilitation des infrastructures productives et l’acquisition des pompes pour l’irrigation de 18000 ha, (ii) la plantation de 10 M d’arbres fruitiers et forestiers, (iii) la mise à disposition des semences aux agriculteurs, (iv) la relance de l’aviculture, la pêche et l’aquaculture, (v) la vaccination de 3.5 M d’animaux (toutes espèces confondues). Ce programme qui sera exécuté conjointement avec la Ministre déléguée aux affaires paysannes, la Ministre Déléguée aux Droits de l’homme et de la lutte contre la pauvreté et le ministère de l’environnement, permettra de produire 36,000 T d’équivalents céréaliers supplémentaires et créera plus de 115,000 emplois durant  les 6 mois d’exécution (Septembre 2012-Février 2013) à travers et particulièrement dans les zones affectées avec accent sur le Sud-est et l’Ouest. Le montant global est de 1.87 Mrds GHT.

Alors, où trouver ce complément d’argent ?
L’Etat Haïtien ne dispose que très peu de fonds propres pour faire face à cette nouvelle catastrophe. Il lui faut coûte que coûte s’appuyer sur la communauté internationale. Selon les informations dignes de foi, l’OEA et les amis d’Haïti se sont réunis à Washington,le 30 aout 12, pour voir comment aider notre pays. La plupart des partenaires pensent qu’il faudrait réallouer des fonds de certains projets de développement en cours à ce programme complémentaire de réponse sans pour autant nuire aux objectifs et résultats prévus dans le cadre de ces projets. Le PNUD avait fait un appel consolidé  qui a du être revu à la baisse autour de 128 M USD (http://jrjean-noel.blogspot.com/2012/07/haiti-un-peuple-qui-chante-et-qui-dance.html) ; seulement 47 M USD du montant sollicité auraient été reçus. Ce montant est-il déjà dépensé ou engagé ? Y a-t-il possibilité de revoir à la hausse l’appel consolidé du système des Nations Unies après cette catastrophe ? Toujours est-il qu’il est très difficile de mobiliser les fonds frais pour faire face aux effets d’Isaac. Peut-être qu’il faudrait regarder du coté des fonds de PETROCARIBE comme en 2008. Le gouvernement Préval/Pierre-Louis a du se rabattre sur PETROCARIBE pour faire face aux effets des quatre cyclones de 2008 avec des résultats positifs que l’on sait à la fin de l’exercice 2008-2009. (Réf. http://jrjean-noel.blogspot.com/2009/12/haitibilan-2009-du-secteur-agricole-un.html). On ne sait pas si les mécanismes qui permettaient au Gouvernement Préval/Pierre-Louis d’actionner ce fonds existent encore. En tout cas, la situation économique du pays en partit déjà. Et si nous n’agissons pas vite, nous risquons de nous retrouver dans une situation inextricable économiquement, socialement et politiquement.

En guise de conclusion
Aux acteurs politiques de trouver un terrain d’entente pour éviter que les prochaines élections  annoncées ne soient pas l’étincelle qui fait exploser le baril de poudre, à la communauté internationale de comprendre cette situation aggravée par les effets néfastes du passage d’Isaac et de nous tendre la main pour nous aider à nous en sortir, à la société civile haïtienne de ne pas continuer à regarder mais de s’impliquer de manière non partisane dans la lutte pour l’émergence de cette nouvelle Haïti rêvée par tous les Haïtiens.

Savane Diane nous indique la voie à suivre pour la mise en route d’une révolution tranquille. C’est un élément, un petit élément d’un vaste ensemble. Pourquoi ne pas trouver les autres éléments pour permettre à l’intelligence collective haïtienne de se manifester dans le cadre d’une grande concertation nationale telle que proposée par la FONHDILAC (Réf. http://jrjean-noel.blogspot.com/2011/08/document-dorientation-pour-la.html, VII-B3) et susceptible de nous conduire, à partir de cette révolution tranquille, vers le développement durable comme le Canada, notre grand voisin du Nord, l’a réussi à partir de la révolution tranquille amorcée au Québec? (Réf. http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/revolution-tranquille).

Mon cher ami, ma chère amie, Il faut rêver. Celui qui cesse de rêver est tout simplement en train de mourir! De l’espoir à partir de Savane Diane au désespoir infligé à notre pays par le passage d’Isaac et par la plupart de nos politiciens, il nous faut ouvrir la voie à cette grande concertation nationale pour la mise en branle de cette révolution tranquille haïtienne dont le résultat final sera le développement durable de notre Chère Haïti! Etes-vous prêts ? Il faut commencer dès maintenant, chacun dans son champ d’action avec son intelligence individuelle articulée à l’intelligence collective haïtienne qui ne peut se manifester qu’à l’intérieur des groupes organisés en tant que cerveau collectif en vue du développement intégral des sections communales, des communes, des départements et de notre Haïti, redevenue enfin, « La perle des Antilles, l’exception culturelle de la Caraïbe » !!!

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