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mercredi 26 décembre 2012

HAITI, BILAN 2012 ET PERSPECTIVES 2013: D’UNE FAIBLE CROISSANCE ECONOMIQUE A LA ROUTE DU DEVELOPPEMENT (?)



HAITI, BILAN 2012 ET PERSPECTIVES 2013: D’UNE FAIBLE CROISSANCE ECONOMIQUE A LA ROUTE DU DEVELOPPEMENT (?)

JEAN ROBERT JEAN-NOEL

26 DECEMBRE 2012

Après la lecture du bilan 2012 de Michel Soukar, je m’étais dit que je n’allais pas faire un bilan de plus. En relisant l’ensemble de mes textes de 2011 et 2012, (Réf. http://jrjean-noel.blogspot.com et Haïti Marche) je me suis dit : pourquoi pas ? Alors, il me fallait trouver un titre qui résume tout. Après avoir couché plusieurs titres sur le papier, j’ai retenu celui-ci : « Haïti, Bilan 2012 et Perspectives 2013: D’une faible croissance économique à la route du développement (?) ». Ce dernier article de l’année 2012 étalera les faits saillants après l’article du mois de novembre, fait un clin d'oeil au cadre théorique du bilan 2012, analysera certains éléments du bilan 2012, dégagera des perspectives de 2013 et débouchera sur des recommandations aux parties prenantes du développement d’Haïti.

Faits saillants depuis mon dernier article
Après le voyage en Europe et à Cuba, le Président Martelly a été au Japon et le Premier Ministre au Vietnam toujours dans le souci de renforcer des liens de coopération pour mieux diversifier les rapports d’Haïti avec ses partenaires internationaux en termes d’assistance technique et financière. La plupart de nos partenaires financiers traditionnels se faisant de plus en plus réticents, il faut frapper à d’autres portes surtout après ces catastrophes naturelles en cascades. Ce n’est certes pas l’interprétation de l’opposition qui y voit du gaspillage d’argent dans une période « soit disant d’austérité ». Il faut noter les 17.5 M USD annoncés par La BID pour aider à la réhabilitation d’infrastructures de transport affectées par Sandy et les 47 M d’Euros mobilisés ces derniers mois par l'Allemagne en Haïti à travers ses ONG  dont  Agro Action Allemande (AAA) dans le secteur agricole et dans le secteur de l’énergie (réparation à Péligre). C’est la visite en Haïti du Premier Ministre d’Antigua et de Barbuda, Baldwin Spencer. C’est fin Novembre 2012 le lancement du cadre de coordination de l’aide externe au développement (CAED), une entité du Plan Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH) avec un Coordonnateur Haïtien, qui remplace la CIRH (Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti). C’est la réouverture de l’Aéroport Toussaint Louverture réhabilité. C’est le séjour même trop court de Murielle Leconte en Haïti, toujours malade mais quel courage ! C’est la qualification de la sélection haïtienne pour la Gold Cup aux USA en 2013 en se classant 3e au Championnat de la Caraïbe et 39e mondiale au classement de la FIFA. C’est l’inauguration  de l’Hôtel 5 étoiles Royal Oasis. C’est la pose de la première pierre de l’Hôtel 4 étoile Marriott à Turgeau  sous financement du Groupe Digicel. C’est l’annonce de la compensation électronique des chèques, ce qui fera tomber de 10 jours (chèques de province) et de 5 jours (chèques Capitale) à 2 jours le temps mis pour rendre disponibles les fonds à partir de Janvier 2013, selon le Gouverneur de la Banque Centrale (BRH). C’est le départ de l’Ambassadeur français, Didier Lebret, honoré de l’Ordre National de Grand Croix par Haïti. C’est l’accord trouvé entre le Parlement et l’Exécutif pour la mise en place d’un autre CEP provisoire (Collège Transitoire). C’est l’affaire du présumé viol de Me Josué Pierre-Louis, Président du CEP, sur Mlle Danièle Bernadin, son assistante (un mois d’actualité). C’est aussi malheureusement l’augmentation de l’insécurité malgré les efforts de la Police Nationale d’Haïti.C'est la manifestation du 16 Décembre 2012 de la FANMI LAVALAS qui a été émaillée de violences, en dépit de la démarcation tardive des responsables du Parti par rapport à ces violences. C’est l’annonce manquée de la fin du monde (21/12/2012) ; Dieu merci, notre planète est encore en train de tourner.  C’est enfin, au début du mois de Décembre 2012, l’atelier sur la politique législative auquel j’ai eu la chance de participer et qui va, entre autres, me servir de cadre d’analyse pour cet article.

Cadre théorique d’analyse du bilan 2012
Au cours de ce séminaire organisé par le Ministre délégué chargé des relations avec le Parlement à l’Hôtel Montana, 5 et 6 Décembre 2012, j’ai beaucoup appris, en particulier que toutes les politiques publiques sectorielles et la politique législative découlent de la politique générale du Premier Ministre. J’ai donc ajouté cette approche aux diverses théories qui guident mes réflexions comme l’approche participative, l’approche bassin Versant, l’approche territoriale, l’approche hexagonale développée par la FONHDLAC avec ses 6 axes (i) humain, (ii) social et culturel, (iii) environnemental, (iv) infrastructurel, (v) économique et financier, et (vi) politique (gouvernance) et ses 36 éléments de croisement pour aboutir au développement intégral : (http://jrjean-noel.blogspot.com/2008/05/lapproche-hexagonale.html ). Ce dernier cadre engloberait parfaitement les 5 E du programme gouvernemental du Président Martelly. Et le Groupe auquel j’appartiens, la FONHDILAC, a proposé en avril 2011 au gouvernement Martelly un « document d’orientation pour la refondation de l’Etat d’Haïti selon une vision haïtienne (http://jrjean-noel.blogspot.com/2011/08/document-dorientation-pour-la.html ). Pour être honnête, certains éléments de ce document d’orientation ont été pris en compte dans les énoncés de politique générale des deux Premiers Ministres (MM. Conille et Lamothe) du Président Martelly en Octobre 2011 et Avril 2012 (http://jrjean-noel.blogspot.com/2011/10/haiti-politique-generale-du-dr-conille.html ). Essayons maintenant d’analyser le bilan 2012.

A.      BILAN 2012 : MEFAITS SOCIOPOLITIQUES+CATASTROPHES NATURELS= REDUCTION DE LA CROISSANCE

Résultats macroéconomiques et amateurisme politique
Le bilan 2012 sera analysé eu égard aux politiques générales qui avaient prévu des taux de croissance autour de 9% du PIB revus à la baisse pour se situer, en réalité et au final, autour de 2.8% du PIB. Le Taux d’inflation a atteint 7% en glissement annuel(6.5% selon C. CASTEL de BRH, Interview Leslie Delatour, Radio Metropole 2 janvier 2013). Le taux de change du dollar par rapport à la gourde s’est stabilisé autour de 42 gourdes (une bande de 2-3% acceptable pour la Banque Centrale, BRH), les reserves de change correspondant à 6 mois d'importation(1.2 Mrds nette et 2.2 Mrds brute, BRH) . Les investissements dans les secteurs primaires, secondaires et tertiaires n’ont pas eu tout le financement nécessaire, avec quand même 168 M USD d'investissement direct étranger (Réf. BRH). Malgré tout, sur le plan macroéconomique, Haïti reste l’une des meilleures économies de la Caraïbe. Ce manque de performance de l’économie est lié (i) à une gestion de type amateurisme de la Présidence (reconnue par le Président lui-même, interview avec Alex St-Surin, Radio MEGA, Mai 2012), (ii) à une attitude globalement hostile du Parlement par rapport à la Présidence , (iii) à une vassalisation du Pouvoir Judiciaire par les deux autres pouvoirs en dépit de certains succès indéniables dans la mise en place du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPG), de la nomination de l’ensemble des membres de la Cour de Cassation et de la tentative de mettre en place un conseil électoral permanent selon les prescrits de la Constitution amendée, (iv) à une gouvernance un peu brouillonne des divers événements sociopolitiques et naturels qui ont caractérisé la période sous observation, (v) à une gestion clanique du pays tant au niveau de l’Exécutif, du Parlement que du Pouvoir Judiciaire, et (vi) à une insécurité présente à travers le pays (manifestations impromptues sur les routes nationales et dans les rues, morts d’hommes, de femmes et de policiers, banditisme ).

Microéconomie : résultats mitigés
 Il faut noter aussi les succès en matière d’infrastructures routières, aéroportuaires (Cap, PAP. Jacmel), d’irrigation (5e Section St Marc, Savane Diane, PIA-Quinte, etc.), de mise en place de lacs collinaires (retenues collinaires à Ennery, Plateau Central), du village de l’espoir à Savane Diane, d’eau potable, d’électricité, de logements sociaux, scolaires et sportives, hôtelières (Best Western, Royal Oasis et autres),  hospitalières (Mirebalais), industrielles (le Parc Caracole), des travaux d’endiguement de rivières (en terre et en gabions) et de contrôle de ravines dont la plupart ont été endommagés ( routes, ponts, canaux), embourbés (Irrigation et drainage) par les cyclones Isaac et Sandy. Les principales places publiques ont été dégagées de leurs occupants. La production agricole, malgré un manque d’investissement notoire, aurait connu un succès indéniable sans les phénomènes naturels comme la sécheresse, les cyclones Isaac et Sandy qui ont causé des pertes évaluées finalement à 254 M USD (CNSA, Déc. 2012). La gestion par le GOH de ces phénomènes a été acceptable en dépit d’un manque flagrant de l’aide des amis d’Haïti et de la communauté internationale en général.

Sur le plan socioculturel et économique, les deux grands événements populaires comme le Carnaval national et le carnaval des fleurs ont été des succès indéniables. Il en a été de même pour le RARA, la semaine de la diaspora. Sur le plan social, de nombreuses actions ont été menées (Ti Maman Chéri, ABA GRANGOU, Katié Pam Pozé et autres) apparemment sans articulation, on se perd  si on essaie de se remémorer l’ensemble de ces programmes qui semblent ne pas avoir de liens entre eux. Ils sont là soulageant une frange de la population, minime soit-elle. C’est l’essentiel. Beaucoup d’emplois HIMO ont été créés et d’autres emplois aussi tant au niveau des villes qu’en milieu rural pour recapitaliser les bénéficiaires et/ou victimes durant les campagnes agricoles et après le passage des cyclones et des inondations tant au niveau du secteur agricole qu’au niveau des secteurs des Travaux publics, de l’environnement, du Tourisme et de l’Industrie, etc.

A coté de ces actions dont la plupart ont démarré sous les gouvernements précédents (continuité de l’Etat), certaines politiques publiques ont été mises en place et/ou renforcées (MARNDR, ENERGIE, SANTE, TOURISME, EDUCATION, etc.), des études, des conférences réalisées, des voyages effectués. Malheureusement, certains méfaits politiques, catastrophes naturelles ont conduit à une forte réduction du taux croissance par rapport aux prévisions de départ.

1.       Les méfaits sociopolitiques
L’amateurisme politique dont a fait preuve la Présidence s’est fait sentir dans une série de déclarations et d’actions. En premier lieu, il faut noter qu’au départ, le Président n’avait pas bien compris le régime politique haïtien tel que décrit par la Constitution de 1987. Elu sous la bannière de « répons peyizan », il ne dispose à la chambre basse que de 3 députés. Il fallait faire des alliances au sein du Parlement pour constituer une majorité parlementaire en vue de gouverner le Pays (Réf. http://jrjean-noel.blogspot.com/2011/04/inite-et-martelly-ou-le-changement-dans.html ). Il n’a pas pris d’actions en ce sens et a fait des déclarations maladroites qui avaient plutôt antagonisé les positions. D’où le sort réservé à ses deux premiers ministres désignés par le Parlement plus par souci de blocage, de démonstration de forces que pour des raisons valables. D’ailleurs, par la suite, le Parlement a approuvé M. Conille qui n’avait pas un meilleur profil politique que les deux premiers désignés (5 ans de résidence affilée dans le pays). Ecarts de langage du Président par rapport à un journaliste, amplifiés à outrance, arrestation d’un Député après une prise de gueule au Palais, mauvaise gestion de relations interpersonnelles avec un Sénateur qui en a fait un opposant farouche au point de chercher par tous les moyens à « démettre le Président » (accusation de double nationalité, accusation de mise en place d’une armée rose, manifestations de rues, alliances politiques, etc.).

Il faut noter que, dès le départ, la presse dans sa globalité n’avait pas accordé les 100 jours de sursis au Président. De plus, les relations interpersonnelles avec le Premier Ministre Conille n’étaient pas bonnes, les clans constitués au sein du Pouvoir Exécutif (Primature, Présidence et Première Dame) et la mise à pied du Premier Ministre  Conille après le succès du Carnaval National aux Cayes ont ruiné les espoirs d’une grande réussite du « pouvoir martelliste » (mauvais calcul politique). Entre temps certains membres de l’ancienne armée d’Haïti accompagnés de jeunes recrus ont occupé des espaces publics et circulé armés dans le pays. Ils se sont même arrogés le droit de pressurer le Parlement pour la ratification « vite et pressée » du Premier Ministre Lamothe.

Les leçons apprises par Martelly par rapport aux tractations précédentes avec le Parlement ont certes permis la ratification du Premier Ministre Lamothe. Mais à quel prix ! Un « Gouvernement HIMO » pour payer le prix des négociations avec le Parlement et les autres forces politiques et qui pèse très lourd en matière de budget, la mise à pied de certains ministres clés et non des moindres, l’adaptation des nouveau venus, la crainte de se voir éjecter de son poste, autant de signaux inquiétants envoyés par le Gouvernement Martelly-Lamothe (Réf. http://jrjean-noel.blogspot.com/2012/05/haiti-lheure-de-verite-2-le-style.html ) . Et c’est seulement en mai 2012 que le Président Martelly a pu faire ratifier son premier budget à cinq (5) mois de la fin de l’exercice 2011-2012. La réduction du taux de croissance de l’économie était donc prévisible. Peut-être pas à ce point. Mais les catastrophes naturelles, la bataille de clans au sein du Pouvoir Exécutif avec la victoire apparente du PM Lamothe (dernier remaniement ministériel), les manifestations de rues contre la vie chère (prétexte) et contre Martelly (réalité) sont venues mettre plus à mal une économie en manque de financement externe et en manque sévère de fonds propres.

2.       Les catastrophes naturelles
Au cours de la période sous étude, Haïti a connu trois phénomènes naturels majeurs : la sécheresse, les cyclones Isaac et Sandy. Il est à noter que depuis 2004, Haïti a connu une fréquence plus rapprochée des phénomènes naturels : Fonds Verrettes, Gonaïves avec la Tempête Jeanne (3000 morts), les 4 cyclones de 2008, le tremblement de terre de 2010 et les récents cyclones. Soient deux cyclones sérieux tous les 4 ans. 2008 avec ses 4 cyclones en moins d’un mois était tout simplement exceptionnel. En 2004, la croissance économique était négative, en 2005 elle était autour de 1.5%, en 2006 autour de 1.8, en 2007 autour de 3.2%, en 2008 autour de 0.8, en 2009 autour de 2.9%, en 2010 autour de -5.4%, en 2011 autour de 5.6%, et en 2012 autour de 2.8%.

3.       La réduction de la croissance
Remarquez que dans les années de catastrophes, il y a toujours une réduction de la croissance de l’économie. Et quand on combine catastrophes et méfaits sociopolitiques, cela devient encore plus grave. Les deux années les plus frappantes sont 2004 et 2010. Dans les deux cas, on a connu la chute violente du gouvernement du Président Aristide et le cyclone Jeanne, le tremblement de terre de 2010 et les manifestations politiques tout au long de l’année électorale 2010.

Il faudra retenir ces leçons pour mieux gérer le pays, en évitant, dans la mesure du possible, les querelles sans lendemain, les batailles de clans au sein du Pouvoir Exécutif, du Pouvoir Législatif et du Pouvoir judiciaire, et les prétextes fallacieux pour envenimer les relations entre les trois (3) pouvoirs,  et empêcher la mise en œuvre de politiques publiques (politique de chaises vides au Parlement), le vote de lois et conventions susceptibles de contribuer à un meilleur fonctionnement de l’appareil étatique et au développement du pays.

B.      PERSPECTIVES 2013 = LA ROUTE DU DEVELOPPEMENT (?)

Par rapport à la situation de 2012 décrite précédemment, 2013 s’annonce plutôt difficile. La situation de pauvreté a frisé la stagnation avec une augmentation de la population (10.2 M de personnes en octobre 2012) et un taux de croissance de 2012 de l’économie autour de 2.8% du PIB, Haïti est certes devenue beaucoup moins pauvre qu’auparavant (Taux de croissance de la population 2-2.2%), mais l'économie n'a pas cru assez vite pour un décollage réel et irreversible. Alors que le gouvernement Conille tablait sur un taux de croissance autour de 9 à 10% de l’économie et revu à la baisse par le Gouvernement Lamothe au cours de l’exercice écoulé, on avait quand même envisagé l’avenir avec une certaine sérénité. Les catastrophes naturelles sont venues anéantir nos espoirs en ramenant la croissance de l’économie à un taux de 2.8% nettement inférieur aux prévisions (contraction du PIB agricole de -2.2%). Il est donc capital d’avoir une politique économique axée sur une forte croissance et continue sur une période plus ou moins longue, une sorte de « révolution de croissances » pour répéter un économiste haïtien et en même temps une politique de réduction du taux de croissance de la population. Les effets des catastrophes de l’exercice 2011-2012 n’étaient pas finis d’être évalués que le pays a du faire face à une nouvelle catastrophe, Sandy, au premier mois du nouvel exercice, octobre 2012. On comprend dès lors toute la difficulté pour le gouvernement et pour le pays de faire face à autant de problèmes sans l’aide et des promesses sérieuses de financements de la communauté internationale. Ce qui pourrait nuire à la croissance projetée.  

Taux de croissance projeté
En effet, le taux de croissance projeté de l’économie est de 6.9% avec un taux d’inflation inférieure à 10% (6-7%) et un taux de change autour de 42 HTG pour 1 USD dans le cadre d’un budget annuel de plus de 3.25 Mrds d’USD dont 31% de fonctionnement et 69% d’investissement. « Les principaux secteurs bénéficiant des priorités de ce budget sont le secteur économique (53% du total du budget) avec notamment des investissements de l’ordre de 18.2 milliards  HTG pour les infrastructures de transport, 2.3 milliards pour l’eau, 4.2 milliards pour l’énergie, et le secteur social (25% du total du budget) dont des investissements de 12.3 milliards pour l’éducation et de 9.5 milliards pour la santé. Le développement territorial disposera d’un programme d’investissement de 12.9 milliards ». (Réf. Communiqué de Presse du MEF, Dépôt Loi de Finance 2012-2013 au Parlement. 29 Juin 2012).

 C’est beaucoup plus réaliste, selon certains observateurs, de projeter des taux de croissance proches de ceux qu’on a déjà atteints. Les politiques publiques prévues au niveau du secteur agricole, le principal pilier de la croissance, s’articulent autour d’un programme triennal 2012-2015 de relance de 62 Mrds de Gourdes (1.5 Mrds USD) sur les 3 prochaines années (500 M USD/an supérieurs à 10% du Budget National mais non inscrits tel quel dans le budget de cet exercice 2012-2013). Sans entrer dans une analyse exhaustive des autres secteurs contribuant à la croissance de l’économie, les secteurs de la construction et autres secteurs (Tourisme, industries, énergie, éducation) dans cette phase  de développement devraient substantiellement contribuer à cette croissance projetée. Une bonne politique de population (non prévue (?) et à mettre en place en urgence) articulée à une politique de sécurité plus constante (contrôle des moindres parcelles du territoire national) et surtout à une politique environnementale dans le cadre  de la déclaration, par le gouvernement en accord avec l’opposition  et autres parties prenantes, d’un état d’urgence environnementale, devrait renforcer davantage la croissance de l’économie (réf. http://jrjean-noel.blogspot.com/2012/11/haiti-les-trois-piliers-du.html).

Il est clair que, pour mettre le pays sur les rails du développement, il ne suffit pas d’avoir une bonne politique de propagande qu’il ne faut pas confondre avec une politique de communication et des slogans sans contenus. Il faut savoir que le développement est un processus bien planifié exigeant des sacrifices, de la créativité, de l’innovation, des politiques publiques soutenues par une politique législative et des actes administratifs,  et des moyens et stratégies pour une mise en œuvre du plan de développement adopté. Depuis 2010, le pays dispose d’un plan développement transformé par cette administration (en 2012) en plan stratégique de développement d’Haïti (PSDH) avec son cadre de coordination (CAED). Ce plan peut être renforcé, dans le cadre d’une grande concertation nationale, par les divers plans de la société civile haïtienne y inclus ceux de  la diaspora et du secteur privé. Ce plan consensuel marquerait une rupture dans notre façon de faire de la politique et déboucherait sur le développement du pays tant souhaité par tous les haïtiens dignes de ce nom et fiers de l’être.

Recommandations aux parties prenantes du développement d’Haïti

Pour cela, il faudrait avant toute chose la primauté de l’intérêt collectif sur l’intérêt des clans et/ou individuels.

(i)       D’où la nécessité d’une grande concertation nationale (conférence nationale, pacte de gouvernabilité, etc.) pour se mettre d’accord sur une vision d’Haïti ou consolider celle qui existe (appropriation) dans le cadre de ce plan consensuel et des moyens à mettre en œuvre  pour atteindre le niveau de développement lié à cette vision et au plan consensuel finalement accepté par tous comme notre cadre de référence pour le développement de notre pays.

(ii)   La nécessité pour l’Exécutif (Présidence, Primature, Première Dame) d’offrir une image d’unité ne serait-ce qu’au niveau de la perception et de fonctionner dans le cadre de la politique générale définie ainsi que les politiques publiques sectorielles et politique législative y relative (une entente en ce sens à rechercher coûte que coûte) ; tout changement de gouvernement, en particulier du Premier Ministre actuel, compromettrait définitivement les chances de réussite de la présidence de Martelly, à moins que ce soit le sacrifice (fruit) d’un consensus vraiment national et non clanique ;

(iii)   La nécessité pour le Parlement de fonctionner dans le cadre d’une politique législative en relation avec la politique générale du Premier Ministre, d’exercer son pouvoir de contrôle  de l’exécutif sans souci de blocage et sans la volonté délibérée d’obtenir des avantages personnels et de remplacer les collectivités territoriales dans leurs taches quotidiennes et de développement ;

(iv)    La nécessité pour le Pouvoir Judiciaire de jouer son rôle d’arbitre entre les deux autres pouvoirs dans les limites de la Loi et de fortement contribuer à la construction de cet Etat de droit rêvé par tous, en commençant par mettre de l’ordre en son propre sein, éliminer les poches de corruption, prendre ses distances par rapport au ministère de la justice, et s’ériger contre vents et marées en un vrai pouvoir d’Etat comme les deux autres pouvoirs ;

(v)   La nécessité pour les collectivités territoriales (CT) de prendre en charge les urgences, le relèvement et le développement de leurs communautés respectives dans le cadre de plans communaux et de plans de sections communales bien ficelés dans le cadre d’un plan global d’aménagement du territoire imbriqué dans des politiques de décentralisation de l’Etat et de déconcentration de l’administration publique haïtienne ;

(vi)   La nécessité pour la société civile  de s’impliquer davantage dans la gestion des affaires de l’Etat en faisant les pressions nécessaires  pour le respect des engagements dans le cadre de l’énoncé de politique générale du Premier Ministre, des politiques publiques et de la politique législative y afférentes;

(vii)   La nécessité pour la communauté internationale d’accompagner le Gouvernement Haïtien (GOH) dans le cadre de la vision du Président, de la politique générale du PM, en fournissant l’assistance technique et financière nécessaire à la mise en œuvre  des politiques publiques sectorielles et de la politique législative y relatives.

En guise de conclusion, la situation de 2013 ne s’annonce pas rose. On peut la changer. Nous savons quoi faire pour la changer. Par exemple, pour éviter une cherté de la vie plus sévère en 2013 par rapport à 2012, il nous faudra financer le programme d’urgence post Sandy durant la saison sèche (4 Mrds HTG), le programme triennal de relance agricole (62 Mrds HTG), et importer suffisamment de produits alimentaires avant mars 2013 pour éviter des émeutes de la faim au cours de la période comprise entre janvier et juin 2013. On espère que les voyages au Japon et au Vietnam des hauts responsables de l’Etat ont été faits dans cet esprit. Sur un plan plus macro, il nous faudra bien gérer (i) la situation politique (élections 2013, entente politique, partis politiques), (ii) la situation économique (campagnes agricoles 2013, investissements dans les infrastructures, tourisme, saison cyclonique etc.) et (iii) la situation sociale (sécurité, élèves, étudiants, groupes de pression, santé, éducation, loisir, etc.). Ainsi, bonne gestion socio-économique et politique + bonne gestion des  catastrophes naturelles = Augmentation de la croissance économique et bonne répartition de ses retombées. N’est-ce cela la route du développement ? Prenons-la, Bonne journée du 26 Décembre à V. NUMA et Bonne Année 2013 à tous!

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